Marseille abat une carte potentiellement décisive mercredi à Istanbul face à Besiktas pour son avenir en Ligue des champions.
Défiant la loi mathématique, le coach marseillais Eric Gerets va ainsi jusqu'à affirmer que son équipe sera qualifiée pour le 2e tour de l'épreuve si elle l'emporte, alors qu'une victoire de Liverpool contre Porto placerait encore l'OM sous la menace du club anglais, qu'il reçoit lors de la dernière journée. Les Marseillais sont cependant entrés dans une phase plus conquérante ces dernières semaines, qui les autorise à croire à un résultat positif à Istanbul, dans une ambiance annoncée volcanique, quoique météorologiquement humide. Voici les clés de ce match, face à des Stambouliotes récemment humiliés par Liverpool et assoiffés de réhabilitation.
- L'impact retrouvé de Nasri. Le milieu de terrain offensif le reconnaît lui-même: "je me sens de mieux en mieux", confiait-t-il dimanche au lendemain de la victoire en championnat contre metz, où il délivra deux balles décisives à Niang. Après plus d'un mois d'absence jusqu'à fin octobre en raison d'un virus méningé, l'international, auteur d'un but contre le Maroc, fait de nouveau office de plaque tournante du jeu d'attaque marseillais. S'il confirme ses capacités "d'explosivité" démontrées devant Metz, qu'il assure d'ailleurs avoir retrouvé lors de son séjour chez les Bleus, l'OM peut croire en un résultat mercredi. Surtout si, de surcroît, il affiche "plus de lucidité devant le but".
- Un niveau de jeu en hausse. Depuis trois matches, l'OM démontre des capacités de jeu probantes. A Porto, à Lyon et devant Metz samedi en championnat, les Marseillais ont offert une vrai continuité dans la construction, osant enfin prendre des risques, faisant nettement mieux circuler le ballon, notamment au milieu où, en sus de Nasri, M'Bami affiche une forme ascendante. Gerets semble avoir donné à ses troupes un acquis tactique qui leur permet une certaine sécurité dans le jeu. "Nous sommes plus forts, nous avons plus de certitudes dans notre jeu. Cela ne signifie pas que nous ne perdrons plus de match. Mais cela ne se passera plus de la même manière qu'avant", assure ainsi le capitaine Lorik Cana. De quoi se mettre à l'abri de la folie stambouliote annoncée?
- Quelles garanties en défense? Autant Gerets semble tenir son équipe-type au milieu et en attaque, autant la défense lui donne quelques sueurs froides récurrentes. Blessures et suspensions, il est vrai, ne l'ont pas épargné. Mais il cherche encore la solution sur les côtés (où Bonnart, qui a commencé la saison à droite, repasse à gauche après les performances en berne de Taiwo). Et les erreurs individuelles l'irritent régulièrement. De la capacité de sa défense à garder ses nerfs dans cette rencontre décisive dépend le salut de l'OM à Besiktas.
- Faire face au public. Les 30 000 spectateurs du stade Inönü sont réputés volcaniques. Jamais l'OM n'aura joué dans une telle ambiance cette saison. Mais Gerets, ex-coach de Galatasaray, croit pouvoir tirer profit de cette ambiance hostile pour motiver son équipe et lui apprendre à en déjouer les pièges. Cana, qui a déjà joué là contre la Turquie avec l'Albanie, dit encore: "c'est le genre d'expérience qu'il faut avoir vécu comme joueur de foot". Ce match sera donc, pour beaucoup, une question de nerfs.
- Besiktas revanchard. Humilié à Liverpool (8-0) lors de la 4e journée, Besiktas ne peut perdre la face européenne une deuxième fois consécutive. D'autant que le club stambouliote joue sa dernière -- et infime -- chance d'accéder au 2e tour. Et qu'il veut aussi prendre sa revanche sur le match aller, où, estime le coach Ertugrul Saglam, l'arbitre "s'est montré trop tolérant", ce qui aurait provoqué la blessure de deux de ses joueurs.