A 36 ans, l'attaquant de Nice Lilian Laslandes, cadet de quatre mois du défenseur toulousain Dominique Arribagé, doyen de la L1, est l'un des piliers d'un jeu niçois en pleine verve et aborde le derby face à Monaco samedi avec l'enthousiasme d'un gamin.

Au Louis-II, véritable résidence secondaire des Aiglons qui y sont invaincus depuis 2002, le 2e meilleur réalisateur français en exercice (125 buts) derrière Pauleta voudra continuer à lorgner vers le haut.

"Nous voir à une longueur du 4e et à deux du 3e, cela fait joli! Ce n'est pas usurpé. Chaque année, il y a une équipe surprise. Pourquoi pas nous?" s'interroge-t-il, conscient que cette perspective dépendra aussi de la capacité niçoise à "s'appliquer plus en déplacement et à vivre en effectif réduit durant la CAN".

Mais le grand blond n'est pas prêt de lâcher sa part de rêve. Les Parisiens battus (2-1) dimanche peuvent en témoigner. Buteur avec sa première réalisation de la saison, remiseur, défenseur: de retour après un mois d'arrêt sur blessure au mollet, Laslandes a régalé.

"Marquer m'a fait plaisir, certes, mais j'étais surtout heureux de lancer le match et de nous voir grimper dans la hiérarchie. A mon âge, seuls comptent les résultats collectifs et l'envie de laisser un bon souvenir. Je suis au service des plus rapides et cela me convient parfaitement", dit-il.

Son coach Frédéric Antonetti loue aussi cet "équipier idéal mettant en lumière les autres, capable de défendre, d'ouvrir avec justesse et d'évoluer entre les lignes. Nice ne serait pas Nice sans lui!".

Tisseur de liens sportifs
Baky Koné, dont six des sept buts ont été inscrits lorsqu'ils s'épaulaient, mesure également pleinement le boulot obscur de son aîné. "C'est un grand bonhomme, et je ne parle pas de sa taille. Je le respecte. Notre entente est parfaite, notre complémentarité totale" assure le feu follet ivoirien.

Son pendant dans l'attelage offensif le plus dissemblable de la L1 est tout aussi admiratif: "Baky me facilite les choses. Je prends autant de plaisir dans le jeu avec lui que j'en avais avec Wiltord à Bordeaux".

Depuis son retour sur la Côte en janvier et sa contribution à l'opération sauvetage, l'impact du double champion de France dépasse largement le simple terrain.

Tisseur de liens sportifs, sociaux et conviviaux, il est comme les autres cadres très expérimentés de l'équipe la plus âgée de L1, l'un des modèles et conseillers pour les jeunes pousses, tel Hugo Lloris qu'il engage à "garder la tête froide devant les sollicitations. C'est un conseil que je me permettrais d'adresser au Lyonnais Benzema qui a tout pour devenir un très grand attaquant, mais également l'un des interlocuteurs privilégiés de l'entraîneur".

"L'été dernier, nous avons discuté comme des grands avec le coach et trouvé un bon compromis de vie. Chacun y a mis du sien. Le dialogue est désormais permanent. Quand un groupe vit bien, cela se voit le samedi", explique l'ex-Bordelais.

"Seul le plaisir me fait naturellement durer. Le jour où je n'en éprouverai plus, j'arrêterai immédiatement. Ce n'est pas le cas, au point que si Nice me proposait aujourd'hui de rempiler un an, je signerais +de suite+. Mais si le club est encore intéressé et que mon corps suit, on verra cela au terme de mon contrat" en juin, conclut-il.