L'attaquant de Caen Yoan Gouffran, joyau de la couronne en Normandie, part en repérage samedi à Paris pour la 16e journée de L1, lui qui se rêve prince d'un Parc qui l'attire depuis son enfance et le courtise depuis plusieurs mois.

Le verbe toujours rare, l'international Espoirs a retrouvé les gestes du buteur, en signant son premier doublé en L1 le 4 novembre.

Un retour en grâce après des débuts timides qui survient même au meilleur moment, alors que le mercato d'hiver s'apprête à s'ouvrir et que le Paris SG continue de lui faire les yeux doux.

Gamin de Villeneuve-Saint-Georges, le banlieusard de 21 ans, qui compte quatre buts et deux passes décisives, n'a effectivement jamais fait mystère de son envie de rallier Paris.

Ses désirs l'avaient pourtant grandement perturbé durant l'été, quand le club de Paul Le Guen relança Malherbe, après une première approche vaine durant l'hiver 2006.

"C'est un dossier compliqué, mais pas bloqué, disait alors Alain Cayzac, le président parisien. Il y a une vraie volonté du PSG pour qu'il vienne, et une vraie volonté du joueur de venir chez nous. On le veut, et s'il ne vient pas cet été, cela ne veut pas dire qu'il ne viendra jamais".

"Paris, c'est le club que je supportais petit, et il y a un super bon coach", avoue le droitier aux boucles d'oreilles à ses initiales. "Quand j'ai vu mon copain Digard aller là-bas, ça m'a fait rêver".

Les discussions avec ses dirigeants normands furent plus terre à terre, houleuses même.

Chouchou sifflé
"J'ai mal vécu la façon dont ça s'est passé", commente le N.10, meilleur joueur de L2 la saison passée avec 15 buts et sous contrat jusqu'en 2009.

Bras de fer en coulisses, prestations ternes sur le terrain, le climat n'était pas sain. Son utilisation tantôt comme milieu droit, tantôt comme attaquant, poste qu'il affectionne et revendique, ne facilitait pas son expression.

Son entraîneur Franck Dumas était même monté au créneau pour demander à son joueur de retrouver "la mentalité dont il avait toujours fait preuve".

Son premier but parmi l'élite, au soir de la 9e journée, annonçait pourtant la fin du conflit et le début de la remontée... malgré quelques sifflets descendus des travées de d'Ornano visant son enfant chéri.

"Un truc m'embêtait: la réaction de certains supporteurs, avoue-t-il. Mais il faut aussi qu'on essaye de me comprendre. Je ne veux pas que les gens aient une mauvaise image de moi".

Ses coéquipiers, qui semblent déjà avoir intégré l'idée d'un départ, ont apprécié sa réponse au niveau de la pelouse. "Yoan a vécu des moments pas faciles, note le défenseur Grégory Leca. Mais il a montré à tout le monde qu'il était caennais au moins jusqu'en décembre".

Car pour la première fois, le président Jean-François Fortin a ouvert une porte de sortie, avec un ticket de péage estimé à quatre millions d'euros: "Il n'y a aucun accord, mais des contacts existent, reconnaissait-il la semaine passée. Il est certain qu'un départ ne serait pas facile à admettre".

Depuis le temps, Caen a toutefois eu le temps de s'y préparer.