Homme de principes, au caractère entier parfois éruptif et adepte d'un certain franc-parler, l'entraîneur de Nice Frédéric Antonetti, 46 ans, a depuis son arrivée en juillet 2005 imprimé sa marque sur le club, tout en s'acclimatant peu à peu aux spécificités locales.

Sixième de L1 avant de recevoir Bordeaux dimanche, Nice récolte là le fruit d'un parcours estival mieux maîtrisé collectivement que l'an passé, mais également du travail de fond de son technicien corse.

"On évolue, oui, mais on ne change pas. Je ne suis donc pas le même qu'à mes débuts à Bastia ou à Saint-Etienne. Il faut une adaptation permanente", reconnaît Antonetti. Le défenseur Cyril Rool confirme: "c'est le même qu'à Bastia, avec les mêmes valeurs, mais plus de bouteille".

Très directif la saison passée, lorsque la bataille pour la survie dans l'élite nécessitait à ses yeux "un esprit commando" et que la protection des Aiglons des nombreuses secousses extra-sportives méritait toutes ses attentions, il dialogue désormais plus avec un groupe n'ayant pas trahi sa confiance.

En marche vers son 300e match (dernier rendez-vous de décembre), le technicien, toujours prompt à picorer des idées neuves de jeu ou de phases d'entraînement dans les cours d'école de football ou en Ligue des Champions, ne pouvait se priver de l'expérience accumulée par les Laslandes, Echouafni, Létizi, Hognon, Rool et consorts.

Il a d'ailleurs choisi la plupart d'entre eux pour les avoir dirigés ou longuement vus à l'oeuvre. Fidèle à son staff technique depuis des années, il préfère donc également "réduire les incertitudes" en matière de recrutement. D'autant que le budget de l'OGCN ne se prête guère à la prise de risque: l'échec du transfert (4 millions d'euros, le plus cher de l'histoire du club) de l'ex-attaquant lillois Matt Moussilou, désormais prêté à Al-Arabi Doha (Qatar), n'a pas été sans conséquence.

Ne se définissant pas comme "un aventurier" mais plutôt comme "un bâtisseur oeuvrant sur la durée", sans se préoccuper de celle qui lui sera accordée, ce gros bosseur patenté se veut surtout un défenseur du jeu.

Si l'équipe azuréenne fait preuve de l'agressivité et la combativité nécessaires pour être l'une des plus performantes dans la récupération, c'est en effet pour mieux aller vers l'avant. Sans doute encore trop peu au goût du technicien qui apprécie que "son équipe se fasse respecter par son football". Plus mesuré dans ses analyses que lors de certaines sorties verbales retentissantes qu'il assume et regrette, il ne tombe pas plus aujourd'hui dans le triomphalisme qu'hier dans le catastrophisme.

A la même époque, l'an passé, il devait se sentir bien seul à marteler que Nice, en position de relégable, aurait les moyens de s'en sortir. "Cela n'a pas l'impact d'une Coupe d'Europe mais les dix-sept derniers matches (27 points) ont vraiment été une grande satisfaction personnelle", répète-t-il.

S'il se ravit de la position actuelle élevée du Gym, il la relativise aussi sagement. "Entre nous et Toulouse, le 17e, il n'y a que six points d'écart. Juste deux victoires. Tout est très serré. On y verra plus clair à la fin de l'hiver. Mais notre objectif est et reste les 43-44 points du maintien", ne manque-t-il pas de rappeler.