L'exploit, le moindre mal ou le néant: Marseille fait face à toutes les incertitudes sur son avenir européen avant la réception de Liverpool mardi, lors de la dernière et décisive journée de la 1re phase de la Ligue des champions dont le club anglais est l'un des abonnés les plus brillants.

Passer ce cap ramènerait l'OM au siècle dernier. Il faut remonter en effet à la saison 1999-2000 pour trouver présence marseillaise dans le second tour de l'épreuve, même s'il s'agissait à l'époque d'une nouvelle phase de poule et non d'un 8e de finale.

Terminer 3e et retrouver la coupe de l'UEFA renverrait aussi à d'heureux souvenirs, lorsque l'OM avait atteint en 2004 la finale de cette compétition après avoir notamment éliminé... Liverpool, le 25 mars en 8e, dans un Vélodrome en transe (2-1).

Il en ira donc un peu de l'Histoire mardi. Comme au match aller à Anfield Road, où une frappe magistrale de Valbuena avait permis à l'OM d'être le premier club français à s'imposer sur le terrain des "Reds" (1-0) pour les grands débuts du coach Eric Gerets.

Le contexte, depuis, a changé.

"un autre Liverpool"
Aux abois en championnat à l'époque de son magnifique forfait, l'OM y a redressé la situation. Avec sa victoire contre Monaco samedi, cette équipe a aligné son 5e match sans défaite, soit trois victoires et deux nuls. Le moral est de retour, après un traumatisant début d'exercice. Le mérite en revient pour beaucoup à Gerets, qui a su imposer avec l'adhésion des joueurs sa discipline tactique, tout en donnant sa chance à chacun sans souci du curriculum vitae.

Plus élaboré, le jeu marseillais n'est pourtant pas à l'abri de défaillance individuelle, à sanction immédiate en Ligue des champions. C'est sa fragilité actuelle, illustrée par des défaites en fin de match et sur le même score à Porto et à Besiktas (2-1).

Ce risque-là est d'autant plus grand que Liverpool connaît en Ligue des champions un parcours inverse de celui de l'OM. Le finaliste de la saison passée et vainqueur en 2005 a spectaculairement redressé la barre, après deux cartons à Anfield contre Besiktas (8-0!) et Porto (4-1). Et n'a enregistré sa première défaite en championnat que samedi, à Reading (3-1).

Gerets ne cesse ainsi de répéter que le Liverpool du 3 octobre "était dans un mauvais jour", pendant que le capitaine Lorik Cana parle "d'un autre Liverpool" mardi. De fait, les "Reds" viendront chercher la victoire.

finale
Ils trouveront sur leur chemin 58.000 supporteurs marseillais, émoustillés dès le tirage au sort par cette affiche qui fait désormais office de finale. Ni Gerets, ni le capitaine Lorik Cana pour lequel "le public de l'OM n'a pas beaucoup d'équivalent en Europe" n'ont d'ailleurs oublié d'en appeler au soutien de ces fans. "Toute la France sera derrière nous", assure même Cana. Les Anglais, eux, auront 2800 fidèles dans les virages suivis de près pour raison de sécurité.

Ils auront aussi face à eux une défense qui commence à sentir le béton, notamment dans l'axe où le tandem Rodriguez-Givet prend de l'envergure. "C'est vrai que je suis un peu moins sollicité depuis quelques matches", reconnaît le gardien Steve Mandanda. "Nous sommes plus prêts physiquement qu'en début de saison, on encaisse mieux les coups", constate aussi Niang. Il faudra bien cela pour résister à la poussée d'orgueil de Liverpool, dont le statut ne souffre pas une élimination à ce stade.