L'entraîneur lensois Jean-Pierre Papin attend de ses joueurs "un match d'hommes" contre Lille pour prendre un "bol d'oxygène" en match décalé de la 19e journée de L1 dimanche et affirme passer "un énorme test" avec le mercato, mais il fera tout pour ne pas se "planter".
Est-ce plus difficile un derby ?
"C'est un match comme un autre. Il vaut
trois points. Simplement, il y a un peu de la suprématie de la
région en jeu. C'est un match important pour les deux clubs. Le
dernier (en Coupe de la Ligue) on l'a gagné un à zéro. On ne
fait pas une fixation sur le derby. On va essayer de prendre les
trois points. C'est tout!
Comment expliquez-vous la situation de Lille ?
"Une question de choix. Claude a fait son
équipe. Et depuis quelques années, on peut lui faire confiance. Il
est capable de faire de grandes choses. Aujourd'hui, ça marche
un peu moins bien. Il n'est pas là où on l'attend. Ca reste
un coach qui a des idées sur le football. Qui sait où il va.
C'est peut-être un accident de parcours. Au même titre que
nous. Il ne faut pas juger aujourd'hui. On jugera à la
fin".
N'y-a-t-il pas une dramatisation en raison du
classement des deux équipes ?
"On est deux avec un peu près les mêmes
problèmes. Celui qui va gagner va se donner un bon bol
d'oxygène. Ca devrait être un bon match entre 5e et 6e et on se
retrouve avec un match entre 15e et 16e. Ca fait tache".
Qu'attendez-vous de vos joueurs ?
"Un vrai match d'hommes! Où on sera
irrésistible".
A titre personnel aimez-vous les derbies ?
"Si tu n'aimes pas les derbies, il faut
changer de sport. Tout le monde a envie de jouer. Même les blessés
ont l'impression qu'ils vont mieux. Cependant il faut
replacer ce match dans le contexte. Et dans mon équipe, des vrais
nordistes, il y en a combien ? ... Demont et... moi. Il y a plus de
Lillois vraiment concernés".
Comment viviez-vous les derbies dans votre enfance ?
"Quand j'étais enfant, il n'y avait
pas la télévision. Si tu voulais vraiment les vivre, il fallait y
aller. Les derbies que j'ai vus, c'étaient
Valenciennes-Lille. Des Lille-Lens, je n'en ai pas vus
beaucoup. J'habitais Valenciennes et on n'avait pas les
moyens à l'époque d'aller à Lens ou à Lille".
Quels sont vos souvenirs de derbies comme joueur ?
"Un derby en Italie, c'est particulier. Il
y en a beaucoup. A Milan, on préfère gagner le derby et descendre.
A Lens, on préfère gagner le derby et rester en L1 (rires). Je me
souviens lors d'un de ses derbies (1993) avoir marqué un but du
talon sur un centre de Gullit. On jouait dans le brouillard.
C'était parti en pleine lucarne. Je ne sais pas comment
j'ai fait"
Vous arrivez à la fin des matches aller. Quel bilan
tirez-vous de vos premiers pas en L1 ?
"Il reste un match pour faire le bilan. Je le
tirerai après Lille. Je suis arrivé dans une situation compliquée.
Compromise. Avec une équipe déjà faite. J'accepterai toutes
critiques quand moi j'aurai choisi mon équipe et que je me
serai planté avec cette équipe. On pourra alors me reprocher tout
ce que l'on veut. J'assumerai mes choix".
La L1 est-ce plus difficile que vous ne le pensiez ?
"C'est comme je le pensais. C'est
compliqué partout. Simplement, on s'aperçoit que tout le monde
a une bonne équipe. Et qu'il faut des joueurs de talents pour
avoir le petit plus".
Le mercato ne représente-t-il pas un moment important pour
vous ?
"Effectivement, ce sera un grand test. Un
énorme test! Je n'ai pas le droit de me planter et je ferai
tout pour ne pas me planter".
Mais vous n'avez pas le chéquier en mains...
"Je sais. A moins que je gagne à
l'Euromillion et j'aurai peut-être une petite pensée pour
le club (rires). Je pense qu'il faut voir les choses qui nous
manquent et il y en a, c'est clair. Après, c'est une
discussion avec toutes les instances du club. Il faut choisir les
joueurs qui vont vraiment nous renforcer. Et on pourra assumer les
choix que nous avons faits".
