Les Messins, scotchés à la dernière place du championnat avec 14 points de retard sur l'avant-dernier, espèrent relever la tête vendredi à Strasbourg, à l'occasion du 16e de finale de coupe de France.
"La coupe de France va nous permettre de nous évader un peu de ce championnat où nous souffrons beaucoup", admet le capitaine Christophe Marichez: "Cela peut être aussi l'occasion de redorer notre blason et de faire plaisir aux supporters par rapport à notre situation."
Après avoir complètement lâché prise au Parc des Princes (0-3) le 23 janvier, les Mosellans ont su montrer samedi face à Rennes qu'ils avaient retrouvé leur fierté. Menés 1-0, ils se sont accrochés pour revenir à égalité.
L'entraîneur Yvon Pouliquen, qui a remplacé Francis de Taddeo à la veille de Noël, espère maintenant que ce réveil sera suivi d'effet. Lui-même a remporté deux fois la Coupe de France comme entraîneur, avec Strasbourg et Lorient: "Il n'y a pas de secret: c'est l'envie des joueurs et parfois le petit coup de pouce de la chance qui fait qu'on va loin. A Metz, les joueurs se sont parlés. Il y a des dissensions dans le groupe, elles ne vont pas s'évaporer du jour eu lendemain, il ne faut pas rêver. Mais lorsque l'on rentre sur un terrain, il faut évacuer tout cela".
Coupe ou pas coupe, le discours du coach ne change pas. "Nous avons une image à donner: celle d'une équipe de Metz qui ne lâche pas. Nous ne devons surtout pas fausser la fin de championnat et donner des points à nos adversaires. Il n'en est pas question".
"Comme les ouvriers de Gandrange"
Ses joueurs admettent qu'un bout de route avec
la Vieille Dame leur mettrait du baume au coeur. "Le
championnat va être difficile, il va falloir faire la meilleure
figure possible jusqu'à la fin", reconnaît l'attaquant
Sébastien Renouard. "La coupe de France est une bouffée
d'oxygène, quelque chose d'excitant à jouer. Pour se faire
plaisir déjà puisque la saison est difficile. Et pour tous les gens
qui nous suivent, qui nous aiment. C'est quelque chose
d'important. Qui plus est, c'est un derby contre
Strasbourg. Sur des matches à élimination directe, tout est
possible."
"Si nous sommes éliminés en coupe, il y aura des trous dans le calendrier et le temps sera encore plus long", renchérit le milieu de terrain Julien François. "La coupe de France peut être une planche de salut. Elle va créer une émulation et donner de l'envie, c'est une compétition qui peut resserrer le groupe et les liens. Nous savons que nous en avons besoin, encore plus cette année. Notre fin de saison au niveau du championnat risque de ne pas être très haletante. Un parcours en coupe ferait du bien à tout le monde à commencer par nous. Le seizième de finale à Strasbourg sera peut-être encore plus important qu'un match de championnat."
Michel Ettorre, l'entraîneur-adjoint, qui a connu les joies d'une victoire en coupe en 1984 avec Metz, tient lui à souligner un parallèle: "J'ai une pensée pour les gens de Gandrange qui se battent pour conserver leur outil de travail. En 1984, quand nous avions gagné la coupe, la sidérurgie lorraine allait mal, les usines fermaient. Nous étions solidaires des ouvriers. J'aimerais que les joueurs se battent avec la même volonté que les ouvriers de Gandrange qui défendent leur entreprise".
