L'Australie a un nouveau champion ! Au terme d'une finale extrêmement tendue, les Newcastle Jets, l'équipe surprise de la saison, a pris le meilleur sur les Central Coast Mariners.

Hélas, le bonheur des uns fait souvent le malheur des autres. Si les amateurs de contes de fées et de belles histoires ont sans douté été comblés hier, l'un des grands noms du football australien a mis un terme à sa carrière en sortant par la petite porte. Pour Tony Vidmar, ancien joueur des Glasgow Rangers et de Middlesbrough, tout a basculé à la 65ème minute d'un match qui s'est longtemps résumé à un duel tactique entre les deux entraîneurs. L'homme aux 76 sélections, qui avait annoncé son intention de raccrocher les crampons au terme de cette finale, s'est rendu coupable d'une terrible erreur qui a coûté cher à son équipe.

Pourtant connu pour son sérieux et sa rigueur, Vidmar a pris d'énormes risques alors qu'il se trouvait en position de dernier défenseur. Une petite faute technique aura suffi à Mark Bridge pour prendre l'avantage sur l'ancien international et inscrire l'unique but de la rencontre.

"J'ai vu Bridge qui arrivait sur ma gauche et j'ai cru qu'il allait prendre l'intérieur, explique Vidmar. J'ai voulu m'effacer mais, malheureusement, le ballon m'est resté entre les pieds. La suite, tout le monde la connaît. J'ai commis une erreur qui nous a coûté la victoire. C'est un souvenir qui restera pour toujours avec moi. Dans un match relativement pauvre en occasions, cela a fait la différence".

Bridge, membre de l'équipe d'Australie U-23, ne s'est évidemment pas posé tant de questions. Trop heureux de pouvoir échapper au marquage du vétéran des Jets, il a filé seul au but pour tromper le portier adverse d'une frappe brossée qui a fini sa course dans le coin droit.

Bridge retrouve le sourire
Ce but marque le retour au premier plan du jeune attaquant international, qui a connu des moments difficiles cette saison. Très critiqué par les supporters des Jets pour son inefficacité, Bridge aurait même envisagé de partir tenter sa chance à Sydney. Sa propre version des événements est en tout cas bien loin des clichés du genre : "Vidmar s'est planté alors qu'il se trouvait sur la ligne médiane". Depuis tout est oublié et le héros du jour a même fait part de son désir de débuter la saison prochaine avec les Jets.

"Les supporters sont très bien disposés à mon égard depuis deux ou trois semaines. Bien entendu, il y a toujours une ou deux personnes pour me siffler, mais j'ai été heureux d'apprendre que les fans voulaient me voir rester. C'est toujours agréable de marquer, mais dans une finale comme celle-ci, les émotions sont décuplées. Tous les enfants rêvent de jouer un jour au plus haut niveau. C'est extraordinaire. Il faut se souvenir que personne ne croyait en nous en début de saison. On nous annonçait septièmes ou huitièmes".

Les Jets, dont le nom et l'écusson font référence à la base de la Williamtown Royal Australian Airforce, ne comptaient effectivement pas parmi les favoris à l'heure d'aborder la troisième édition de la A-League, en août dernier. Demi-finaliste l'année précédente, le club de cette ville moyenne de 300 000 habitants doit composer avec des moyens très inférieurs à ceux de ses principaux concurrents, à commencer par le Sydney FC et Adelaïde United.

Triomphe tactique
Pourtant, au terme de la saison régulière, seule la différence de buts permettait encore de séparer les Jets des Mariners. Si, à la veille de la Grande Finale, personne ne donnait cher des chances de Newcastle, un coup de génie tactique de Gary van Egmond allait donner l'avantage aux Jets sur leurs rivaux de la Nouvelle Galles du Sud. Conscient que le succès des Mariners reposait en grande partie sur l'excellent service dont John Aloisi et Sasho Petrovski ont bénéficié tout au long de la saison, l'entraîneur de Newcastle décidait de troquer son traditionnel 4-4-2 pour une défense à trois et un milieu de terrain renforcé, organisé de façon à sevrer les attaquants adverses de ballons.

Cette configuration inédite a permis aux outsiders de dominer nettement les débats. Andrew Durante, l'homme du match, fut l'un des premiers à revenir sur l'importance de ce choix tactique : "Ils ont eu beaucoup de mal à s'adapter à notre nouvelle formation, confie-t-il. En passant à trois derrière, nous avons pu défendre très haut. Ils n'ont jamais pu servir leurs attaquants dans les pieds, ce qui constitue leur grande force habituellement. Ils n'ont pas su trouver la réponse au problème que nous leur avons posé".

Les Mariners ont tout tenté pour revenir au score et ils auraient même pu bénéficier d'un penalty en fin de match, mais leurs derniers espoirs de devenir la deuxième équipe à réussir le doublé (après Melbourne Victory la saison dernière) se sont définitivement envolés avec l'expulsion de Danny Vukovic. Lawrie McKinna ne pouvait qu'accepter le verdict du terrain, se bornant à constater que son équipe n'avait "aucune excuse". A l'inverse, van Egmond pouvait se laisser aller à rêver d'un avenir doré.

"Notre équipe est jeune et va encore progresser, assure l'entraîneur de Newcastle, qui a récemment vu sept de ses joueurs participer au stage organisé par Pim Verbeek. Nous n'avons pas été très inspirés sur le marché des transferts, mais notre centre de formation a été très productif. Nous allons devoir tout faire pour conserver les joueurs qui nous ont menés là. La stabilité sera la clé de nos futurs succès".