Le FC Metz, stigmatisé pour le comportement xénophobe de certains de ses supporteurs depuis le début du championnat de France de L1, s'est mobilisé samedi soir pour "mettre le racisme hors-jeu" dans ses tribunes, a constaté un journaliste de l'AFP au stade Saint-Symphorien.

Le club lorrain, qui recevait Caen pour le compte de la 27e journée de L1, a déployé des banderoles "Non au racisme" autour de l'enceinte sportive, théâtre il y a deux semaines d'un incident raciste réprouvé par les instances dirigeantes du football et le secrétaire d'Etat aux sports, Bernard Laporte.

Peu avant le coup d'envoi, un millier d'enfants --500 invités par le conseil général de la Moselle et 500 par le club-- sont venus sur la pelouse, porteurs d'un maillot blanc conçu par l'Union nationale des footballeurs professionnels sur lequel on pouvait lire: "Racisme: plus jamais ça!".

Les enfants ont effectué, sous les applaudissements d'un public clairsemé, le tour du stade alors qu'une bande sonore, composée de messages enregistrés par des sportifs mais aussi par les chanteurs Julien Clerc et Dany Brillant, était diffusée dans le stade.

Les acteurs Patrick Timsit et Mouss Diouf ont ensuite donné le coup d'envoi de la rencontre disputée par les joueurs messins avec un maillot blanc, vierge de toute publicité et sur lequel était inscrit "Non au racisme".

Cette action anti-raciste a été décidée par le club de Carlo Molinari, bon dernier du championnat de L1 avec seulement 12 points et deux victoires, après une série d'incidents racistes et xénophobes survenus depuis le début de la saison.

Des jugements à venir
Le 10 mars, le tribunal correctionnel de Metz doit rendre son jugement pour un convoyeur de fonds de 25 ans qui, le 18 août 2007, s'était battu avec des supporteurs parisiens à l'issue du match Metz-PSG.

Le 18 mars, le même tribunal entendra un agent de sécurité de 37 ans poursuivi pour "insultes publiques à caractère racial". Le 16 février à Metz, ce spectateur avait invectivé le défenseur marocain de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou. Il a depuis été frappé d'une interdiction de stade de trois mois par le préfet de Lorraine, Bernard Niquet.

Déjà, le 6 octobre 2007, des débordements de supporteurs messins avaient été réprimés par la police lors du derby de l'Est, perdu (1-2) contre Strasbourg par les Lorrains à Saint-Symphorien.

Vendredi, le préfet Bernard Niquet a ordonné une autre interdiction de stade contre un membre de La Faction, un groupe de supporteurs extrémistes, auteur de propos et de gestes à connotation nazie lors du match Lyon-Metz le 23 février au stade Gerland.