Au milieu des stars de l'AC Milan, Zeljko Kalac est un anonyme, mais à force de multiplier les prouesses depuis qu'il est devenu titulaire au détriment de Dida, le gardien australien se fait un nom chez les champions d'Europe.
Sur les photos des récents triomphes du club, au milieu des Maldini, Pirlo, Gattuso et autres Kaka et Seedorf qui posent ivres de joie la coupe en mains, les amateurs s'interrogent: mais qui est ce grand gaillard, sourire timide et impeccable raie au milieu de la tête, au dernier rang sur le côté?
Réponse: il s'agit du "géant" Kalac (2,02 m), né il y a 35 ans au sein de la communauté croate de Sydney, réserviste de Dida et, au gré des blessures ou des suspensions du Brésilien, aligné pour une quinzaine de matches entre 2005, date d'arrivée, et 2007.
Seulement, depuis le début de l'année, le remplaçant s'est mué en titulaire. Un choix d'abord dicté par une blessure mais qui, à force d'arrêts décisifs, s'est imposé comme une évidence.
Et c'est aujourd'hui Dida, indéboulonnable depuis 2002 mais coupable, aussi, d'une "boulette" qui a coûté lors du derby perdu contre l'Inter (2-1) en décembre - ainsi que d'une simulation de blessure grotesque en Ligue des champions face au Celtic Glasgow en octobre -, qui a pris place sur le banc.
Tandis que l'équipe, minée par les blessures et les coups de fatigue, n'est actuellement pas au mieux, Kalac est a contrario dans une forme épatante. Ces dernières semaines, ses multiples arrêts ont, c'est selon, conforté des succès ou évité des défaites.
"Parade en or"
Lors du match au sommet contre la Fiorentina le 3
février (victoire 1-0), il avait ainsi réalisé une "parade en
or", détournant grâce à un parfait réflexe une tête de
Gamberini qui, dans les derniers instants, aurait pu permettre au
club de Florence d'égaliser.
Samedi, contre la Lazio (1-1), l'équipe n'a vraiment pas brillé, sauf lui, à l'image de trois parades aussi difficiles qu'essentielles.
Après une carrière dans des clubs de second rang - Leicester (ENG/1995-97), Roda (NED/1998-2002) puis Pérouse (2002-05)-, l'Australien est en train de vivre le moment le plus intense de sa carrière.
Surnommé "Spider" (l'araignée) en raison de ses grands bras, il donne raison au club qui, un peu à la surprise générale, avait prolongé son contrat en mars 2007, et ce jusqu'en 2009, au moment où la presse évoquait le possible renfort de Frey (Fiorentina) ou de Boruc (Celtic).
Mardi à San Siro, Milan défie Arsenal en 8e de finale retour de la C1. Kalac va avoir un rôle fondamental: après le 0 à 0 de l'aller à Londres, Milan ne doit absolument pas encaisser de buts s'il ne veut pas voir ses chances de qualification se réduire en peau de chagrin. Face à une formation aussi portée sur l'offensive qu'Arsenal, l'Australien ne devrait pas manquer de travail.
