Le Football Club Internazionale Milano, familièrement abrégé en "Inter" au fil des ans, a vu le jour le 9 mars 1908 dans l'arrière salle du restaurant milanais il orologiaio (l'horloger). Ce sont des membres dissidents du "Milan Cricket and Football Club", l'ancêtre de l'actuel l'AC Milan, qui ont élaboré les statuts du nouveau club au cours de cette réunion.
Ces membres souhaitaient en effet ouvrir les portes du club à des joueurs étrangers alors que, selon le règlement de l'AC Milan, seuls les joueurs italiens y étaient acceptés. Ce choix explique le nom d'Internazionale. Aujourd'hui encore, l'Inter justifie ce choix et reste l'équipe italienne qui compte le plus de joueurs étrangers sous contrat (23 sur un effectif de 45 professionnels).
Un siècle après sa création, l'Inter occupe une place de choix parmi les grands d'Europe avec un excellent palmarès de 15 scudetti, cinq Coupes d'Italie, trois Supercoupes d'Italie, deux Coupes d'Europe des clubs champions, deux Coupes de l'UEFA et deux Coupes Intercontinentales.
Par ailleurs, la formation nerazzurra, troisième équipe la plus titrée d'Italie derrière la Juventus et le grand rival de la capitale lombarde, est l'unique équipe italienne à n'avoir jamais connu la relégation.
Pourtant, les débuts avaient été délicats en raison du manque de moyens financiers, les joueurs étant même obligés d'acheter leur maillot et leurs chaussures. L'avènement du fascisme en Italie poussait le club à changer de nom (les élus fascistes estimant que le terme "Internazionale" faisait référence à l'Internationale communiste) pour devenir en 1932 l'Ambrosiana-Inter en s'associant avec le Milanese Unione Sportiva. Dix ans et deux titres de champion plus tard, l'Inter retrouvait son nom.
Pourvoyeur de talents
Traditionnel grand pourvoyeur de talents pour la
Nazionale, ce club a notamment fourni quatre joueurs
(Allemandi, Castellazzi, Demaria et Meazza) à la
Squadra Azzurra vainqueur de la Coupe du Monde de la FIFA,
Italie 1934 puis quatre autres (Ferrari, Ferraris II, Locatelli et
Meazza) lors de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1938.
Le surdoué Giuseppe Meazza, auteur de 283 buts en 408 matches
officiels sous le maillot de l'Inter reste un buteur et un
homme d'exception. Un an après sa mort, en 1979, le stade San
Siro a été rebaptisé à son nom, avec l'accord de l'AC Milan
malgré la rivalité opposant les deux clubs.
La famille Moratti a également marqué ce club de son empreinte. Sous la présidence d'Angelo Moratti (1955 à 1968) les Nerazzurri se sont imposés sur tous les terrains du monde remportant notamment trois Scudetti, deux Coupes des champions et deux Coupes Intercontinentales. Son fils, Massimo, président depuis le 18 février 1995, affiche aujourd'hui la même passion.
Le troisième personnage dont le nom reste associé à celui de l'Inter est "le mage" Helenio Herrera, un entraîneur mythique. Si la carrière de joueur d'Herrera est assez modeste, il a accumulé une incroyable collection de trophées comme technicien.
Le mage Herrera
S'inspirant des tactiques défensives d'avant-guerre,
basées sur le "verrou suisse", il a renforcé encore plus
sa charnière centrale en s'appuyant sur des joueurs
d'exception. Mais Herrera n'a jamais accepté son surnom de
roi du catenaccio
(ndlr : verrou, en Italien), insistant notamment sur le
fait qu'il avait été le premier a développer le jeu sur
l'aile droite, créant ainsi la notion de "couloir"
aujourd'hui très en vogue.
L'équipe type de l'Inter d'Herrera (Sarti, Burgnich, Facchetti, Bedin, Guarnieri, Picchi, Jair, Mazzola, Peiro, Luis Suárez, Corso) formait un bloc d'une impressionnante solidité. Malgré leur volonté de se fondre dans ce collectif sans faille, deux personnalités talentueuses ont émergé.
D'une part l'élégant arrière latéral Giacinto Facchetti, gratte-ciel de la défense interiste (94 sélections), qui devint président du club en 2004 avant d'être emporté par la maladie. D'autre part "l'inter droit" Alessandro Mazzola qui a marqué 157 buts en 561 matches sous le maillot de l'Inter et 22 buts entre 1963 et 74 en 70 sélections avec l'Italie.
Entre 1970 et 2005, malgré l'investissement de sommes colossales dans les transferts, l'Inter devra "se contenter" de trois nouveaux scudetti, trois Coupes UEFA et autant de Coupes d'Italie sans réussir cependant à faire oublier la glorieuse période d'Helenio Herrera.
Mais après de nombreux essais, Massimo Moratti trouvait finalement en 2004 l'entraîneur idéal en la personne de Roberto Mancini. Cet ancien attaquant allait réussir l'osmose au sein d'un effectif riche mais cosmopolite pour remporter un premier titre en 2006, réussissant au passage le doublé coupe-championnat, avant de confirmer en 2007.
Cette année encore avec 18 victoires et 7 nuls pour une seule défaite (ndlr : au 7 mars 2008), l'Inter est en passe de remporter son troisième titre consécutif, le 16e de son histoire. Une manière pour le duo Massimo Moratti - Roberto Mancini de rejoindre dans l'histoire du club l'association Angelo Moratti - Helenio Herrera et de prouver que le poids des ans n'a pas de prise sur ce néo-centenaire.
