Après plus de dix ans de disette au Vélodrome devant Lyon en Championnat, l'Olympique de Marseille a fait chuter le champion de France, déstabilisé par deux blessures en début de match mais victime du rythme de l'OM, dimanche en (beau) match décalé de la 32e journée de L1 (3-1).
L'OM n'avait plus battu Lyon en L1 à la maison depuis... le 5 septembre 1997 ! Mais cette victoire de prestige vaut surtout à Marseille de rester dans la course à la 3e place, une ambition que lui autorise son niveau de jeu retrouvé.
Ce succès, correspondant à la 7e défaite de la saison de Lyon, relègue en effet au rang de mauvais souvenir, dans l'immédiat, la triste série de mars après l'élimination en coupes, de l'UEFA et de France.
Doublement sous pression, eu égard à son statut de concurrent potentiel de Lyon dans la course au titre le jour où le vent lyonnais tournera, et plus prosaïquement après la victoire de Nancy devant Paris, l'OM prenait le match par le bon bout.
Agressif, concentré, en mouvement: Marseille ne laissait pas Lyon respirer, honorant les promesses de Gerets, pour qui le Vélodrome devait absolument voir "un autre match que face à Sochaux", où l'OM avait déjoué.
Dans un schéma 4-2-3-1, où Akalé le gaucher débutait à droite, Niang obligeait d'abord Squillacci au sauvetage (12e), avant que Nasri, en verve, ne rate un but à peu près tout fait, en plaçant trop à gauche sa frappe sur un centre d'Akalé (14e).
Deux minutes de folie
Fébrile en défense et privé de Cris, le champion de France
payait cash l'envie marseillaise en deux minutes de folie.
Alerté par Nasri, Cissé expédiait d'abord un tir canon, à
l'arrêt, contre lequel Coupet ne pouvait rien (1-0, 26e). Puis
le même Cissé s'arrachait à terre pour donner le ballon à Niang
qui, devançant Clerc, plongeait les foules dans le délire (2-0,
28e).
Lyon, il est vrai, avait été contraint à une réorganisation totale, après la perte sur blessures de deux éléments essentiels: Toulalan, touché par Nasri et craignant pour ses ligaments, remplacé par Källström (8e), puis Fred dont Cana ratissait le mollet et à qui succédait Ben Arfa (27e).
Mais Juninho trouvait le moyen de réactiver le ressort lyonnais. Déjà brillant sur un lointain coup-franc (37e), il en adressait un autre dans le temps additionnel qui trouvait....la tête de Cana à la lutte avec Boumsong. Le capitaine marseillais trompait son propre gardien (45+2).
Le mouvement apporté par Ben Arfa manquait de générer l'égalisation lyonnaise au retour de la pause. Mandanda la bloquait pourtant (48e).
Le coup de grâce pour Lyon vint peu après. Sur un corner de Cheyrou, Niang sautait en effet plus haut que Källström, pour son 15e but de la saison (3-1, 53e).
L'OL n'avait plus le choix. C'était le tout pour l'attaque, qui fit passer de sacrés frissons dans le stade... Keita manquait ainsi sa frappe en pivot (63e), Govou se faisait rattraper in extremis (76e), Ben Arfa semait la panique, avant que Mandanda n'écoeure successivement Källström, frappeur des 35 m, puis Govou, dans un face-à-face qui rappelait les batailles du match aller... Le tout sous les yeux de Domenech, constatant au passage que le football français offre parfois du spectacle haut de gamme.