Depuis son arrivée au FC Metz, l'entraîneur Yvon Pouliquen qui a réussi à relever un peu la tête du cancre de la classe, porte un regard très sévère sur un championnat de L1 qu'il ne souhaite pourtant pas quitter, malgré la descente programmée du club lorrain.

"J'ai signé à Metz pour deux saisons. Mais si j'ai une proposition, je réfléchirai", affirme Pouliquen qui a aussi dirigé Strasbourg, Lorient, Guingamp, Grenoble et affiche deux coupes de France (2001 et 2002) à son crédit. Et d'affirmer avec conviction: "J'ai envie d'entraîner en L1!".

"Je suis un passionné, un amoureux des clubs où je suis passé. Quand on est dans un club, on veut s'investir mais on se rend compte que ce n'est pas possible car on se fait virer", ajoute l'ancien milieu défensif qui a toujours été au bout de ses contrats à Brest, Laval, Saint-Etienne et Strasbourg.

Sur la L1 qu'il a longtemps fréquentée (420 matches comme joueur), l'un des jeunes entraîneurs les plus titrés derrière Paul Le Guen est sans concession. "Après quatre ans sans L1, j'ai été surpris par le faible niveau. On peut dire ce que l'on veut, elle a moins de talent qu'il y a une dizaine d'années".

Et d'enfoncer le clou: "Je ne veux pas être du genre avant c'était mieux. Mais techniquement, le niveau s'est affaibli. Or la technique, c'est la base. Si le niveau technique individuel diminue, c'est tout le collectif qui baisse. On n'a plus l'attractivité et on a un pouvoir financier inférieur".

"Metz était déjà mort"
Le réquisitoire de Pouliquen concerne aussi la formation. "Les talents s'en vont et on en forme de moins en moins", ajoute-t-il, exaspéré par une politique qui "privilégie les résultats des centres de formation plutôt que la formation individuelle". "On forme des stéréotypes", déplore-t-il.

Malgré tout, le natif de Morlaix veut rester dans cette L1 où il y a "Lyon et les autres". Où il est incompréhensible qu'une "équipe (Toulouse, ndlr) passe de la troisième place, une saison, à la lutte pour le maintien, la suivante, sans changer de groupe".

Pouliquen souhaite une offre qui lui permettra de démontrer qu'il peut être autre chose qu'un repreneur d'équipes moribondes. "J'ai toujours pris des clubs en difficultés. Après Grenoble, je m'étais juré de ne plus le faire. En fait, je ne me suis pas menti, Metz était déjà mort", constate-il.

Pour passer à l'étape supérieure, ce "vrai Breton" sait que son parcours est important. Le maintien impossible, c'est sur le jeu, les victoires et sur sa capacité à Metz d'éviter d'être ridicule qu'il sera jugé et peut être contacté. "Mais il y a aussi un phénomène de mode", constate-t-il.

Son but aussi: donner du plaisir et faire progresser ses joueurs, affiner sa méthode, un savant mélange de ses trois exemples: Michel Le Millinaire, Robert Herbin et Gilbert Gress. Trois "grands entraîneurs", dont il a tiré des enseignements et sa philosophie: "Rien ne vient dans le foot tout seul".