L'entraîneur de Marseille (L1) Eric Gerets a vanté jeudi les qualités, notamment mentales du football anglais, estimant cependant que la France était "capable" de rattraper une partie de son "fameux retard" sur cet exemple, dont il entend aussi s'inspirer.

Quel message adresserez-vous aux joueurs avant le match à Metz, qui succède à une belle performance contre Lyon ?
Après une telle prestation collective, on ne peut plus se permettre de faire un match à moitié. Il serait inadmissible dans les six derniers matches de la saison ne pas jouer de la même façon. Si tout le monde est mentalement fort pour "aller dans la réserve", nous pouvons rééditer le même match que contre Lyon.

Atteindre la 3e place relève-t-il toujours du miracle à vos yeux ?
Oui, car on ne peut plus se permettre de faux pas et la concurrence ne nous fera pas de cadeau. Mais Lyon ou Metz, peu importe l'adversaire. Quand Liverpool joue contre Fulham ou Chelsea, il ne fait pas de différence! Le football anglais, d'ailleurs, est le seul exemple qui peut nous permettre de nous améliorer. J'aurais pu regarder 3 heures de plus le match Liverpool-Arsenal (en Ligue des champions mardi), qui est une promotion pour le football! Après un tel match, j'ai le devoir d'être exigeant. En France, on a du retard, mentalement et physiquement, mais si tout le monde s'investit, ou veut s'investir, un peu plus, on peut réduire ce +fameux+ retard. C'est une question d'état d'esprit, de culture du foot. Et personne ne va me raconter qu'on n'est pas capable de changer notre mentalité en France.

Comment ?
Nous allons investir beaucoup pour le début de la saison prochaine, par exemple avec des spécialistes de l'université, dans de nouvelles méthodes de préparation et pour être au top dès le début du championnat. On dit souvent que les Anglais ont les plus gros moyens financiers, leur permettant d'acquérir les meilleurs joueurs, etc... Mais en France, où il y a encore du talent comme on le voit avec tous les joueurs français faisant bonne figure à l'étranger, changeons d'abord ce que nous pouvons par nous-mêmes. Je suis prêt à en débattre avec d'autres entraîneurs, des universitaires...

Comment, dans ces conditions, vous projetez-vous sur la saison prochaine ?
Je veux un groupe mentalement plus fort, et que ceux qui seront encore là changent dans leurs têtes, pour ne plus connaître ces quelques matches -- il n'y en a pas eu beaucoup -- où on perdu alors qu'on n'aurait pas dû. Il faut jouer un peu plus à l'anglaise, chacun l'un pour l'autre comme les mousquetaires! Je veux des gens prêts à mourir et tout sacrifier pour être champions de France. Attention: je ne suis pas mécontent du comportement et des résultats de mon équipe. Ici, je suis heureux à 90%, mais je veux gagner des titres. Et je veux faire comprendre à mes joueurs qu'ils sont capables d'avoir l'état d'esprit nécessaire sur 11 mois, et non sur quelques semaines avant de retomber. A Marseille, ils ont de surcroît un avantage énorme: cette ville respire le football. Moi qui aime le cyclisme, par exemple, je dois constater que tout le monde s'en fout !