Le Bayern Munich possède actuellement l'une des attaques les plus efficaces d'Europe. Mais parmi les 22 joueurs qui vont débuter la demi-finale aller de Coupe de l'UEFA entre les Bavarois et le Zénith Saint-Pétersbourg, ce soir à l'Allianz Arena, le buteur le plus prolifique de la compétition sera russe.
Avec huit buts inscrits, Pavel Pogrebnyak n'est en fait "que" le deuxième meilleur réalisateur de l'épreuve, derrière Luca Toni. Mais ce jeudi, l'Italien purgera un match de suspension. Les projecteurs se tourneront donc vers l'artificier du Zénith, qui a quand même marqué cette saison plus de buts en UEFA que des rivaux de la trempe de Stefan Kiessling (Bayer Leverkusen), Adrian Mutu (Fiorentina) ou encore Miroslav Klose (Bayern).
Certes, il faudra un grand Pogrebnyak pour prendre à défaut l'arrière-garde bavaroise. Mais l'attaquant du Zénith n'en serait pas à son coup d'essai, comme le prouve le statut de trois de ses victimes cette année : deux récents demi-finalistes et un vainqueur de la Ligue des champions de l'UEFA.
"
Un buteur naturel"
Ainsi contre Villarreal, en 16ème de finale,
Pogrebnyak a été l'auteur des deux buts qui ont permis à son
équipe d'atteindre le tour suivant. Après s'être imposés
1:0 chez eux à l'aller, les Russes ont obtenu leur
qualification en Espagne dans la plus grande douleur. Réduits à
neuf, ils sont finalement passés à la faveur de leur but inscrit à
l'extérieur (défaite 2:1).
En huitièmes de finale face à Marseille, Pogrebnyak s'illustre à l'occasion du match retour, en Russie. Il signe un doublé (2:0) qui propulse les hommes entraînés par Dick Advocaat en quarts de finale, toujours au bénéfice d'un but inscrit à l'extérieur (défaite 3:1 à l'aller au Vélodrome).
Au tour suivant, il trouve une nouvelle fois les filets et adresse une passe décisive au cours de l'étonnante victoire des Russes (4:1) sur la pelouse du Bayer Leverkusen, quasiment synonyme de qualification. "Pavel est un buteur naturel", explique Advocaat. " ."
Né à Moscou en 1983, celui que ses coéquipiers surnomment "Pacha" a rejoint Saint-Pétersbourg et le stade Petrovsky fin 2006, en provenance de la petite formation de Tom Tomsk. Dès l'arrivée de ce buteur providentiel, le Zénith remporte le championnat de Russie, pour la première fois depuis 1984.
"Pour ma première année au Zénith, je pouvais difficilement demander plus", se souvient Pogrebnyak. "Nous avons remporté le championnat et j'ai terminé la saison comme meilleur buteur du club. Etre champion de Russie m'a procuré une joie intense. Je ne peux comparer cela qu'au jour où mon fils est né". Ou à une Coupe UEFA gagnée, serait-on tenté d'ajouter...
Lukas pour remplacer Luca
Le parcours de Pogrebnyak et du Zénith en Coupe UEFA, Ottmar
Hitzfeld le connaît sur le bout des doigts. C'est pourquoi
l'entraîneur du Bayern prend l'adversaire du jour
extrêmement au sérieux : "Le Zénith fait partie des très
bonnes équipes européennes. C'est notre adversaire le plus
difficile dans cette compétition à ce jour. Ils ont dans leurs
rangs des joueurs de classe mondiale".
Ce soir, l'objectif du Bayern sera bien sûr de se ménager la plus grande marge de sécurité possible avant de se rendre Russie. Pas facile, surtout en l'absence de Toni, auteur de huit buts lors de ses quatre dernières apparitions. Miroslav Klose étant toujours incertain pour cause de blessure, on attendra beaucoup, côté munichois, de Lukas Podolski.
Papa depuis peu, à l'image de Pogrebnyak, Podolski ne cache pas sa frustration de n'être que le troisième choix d'Hitzfeld à la pointe de l'attaque bavaroise. Il tentera ce soir d'aider le Bayern à faire un grand pas vers la finale, prévue le 14 mai prochain au City of Manchester Stadium. " ", reconnaît Podolski. Mais il appartient aux joueurs choisis pour évoluer à sa place de faire la même chose que lui, c'est-à-dire marquer. Si j'y arrive, je serai très heureux, mais je le serai encore plus si nous gagnons par plusieurs buts d'écart."
Outre le duel à distance entre Podolski et Pogrebnyak, on suivra également celui entre Franck Ribéry et le meneur de jeu du Zénith Andrei Arshavin. De quoi mettre l'eau à la bouche.
