Le duel à distance entre Nancy et Marseille pour la 3e place, actuellement en possession de l'ASNL avec un tout petit point d'avance sur l'OM, c'est aussi celui de deux entraîneurs, Pablo Correa, l'ancien attaquant, et Eric Gerets, l'ancien défenseur.
CARRIERE
Correa: En Europe, cet attaquant uruguayen (né le 14 mars 1967) n'a évolué qu'à Nancy où il est arrivé en 95. Il a raccroché les crampons en décembre 2000. Avant la Lorraine, il n'avait joué qu'en Uruguay. Pour tout palmarès, il a été champion de France de D2 avec Nancy en 1998. Nancy fut là où il apprit son métier de technicien (il n'a d'ailleurs pas encore les diplômes, mais c'est en bonne voie). Il fut superviseur, puis adjoint avant d'être nommé entraîneur à la place de Bezaz relevé de ses fonctions en novembre 2002. Nancy passera avec lui de la 20e à la 15e place. Il a ensuite remporté un titre de champion de France de L2 en mai 2005.
Gerets: Défenseur de formation, le Belge a effectué toute sa carrière de joueur en Belgique et aux Pays-Bas. A son palmarès, figurent notamment une Coupe des Champions (1988) avec le PSV Eindhoven, club avec lequel il a également remporté six fois le championnat des Pays-Bas, deux titres de champion de Belgique ou encore une Coupe de Belgique. Il a par ailleurs disputé trois Coupes du monde sous le maillot des "Diables rouges" (1982, 1986, 1990) et compte 86 sélections en équipe nationale, ce qui fait de lui le deuxième joueur le plus capé de l'histoire du football belge, derrière Jan Ceulemans (96 sélections). En tant qu'entraîneur, il compte deux titres de champion de Belgique avec Lierse SK et le FC Bruges (1997 et 1998), deux titres de champion des Pays-Bas (2000 et 2001) avec le PSV Eindhoven ainsi qu'un titre de champion de Turquie avec Galatasaray (2006). Aujourd'hui âgé de 53 ans - il est né le 18 mai 1954 - il est arrivé à l'OM début octobre. Relégable à l'époque, l'OM est aujourd'hui revenu au sommet.
PERSONALITE
Correa: Depuis que Nancy est en haut de l'affiche, il est de plus en plus distant avec les médias. Timidité pour ses partisans, sentiment de supériorité pour ses détracteurs.
Gerets: L'homme a d'abord surpris le collectif marseillais par son sens de l'autorité. Au fil des conférences de presse durant les premières semaines après son arrivée, les joueurs n'avaient que le mot "rigueur" à la bouche pour expliquer ce qui avait changé depuis le départ de l'ancien coach, Albert Emon.
GESTION HUMAINE
Correa: A l'entraînement, il n'hésite pas à montrer sa touche de balle sur coup-franc. Il n'est pas pour autant ami des joueurs. Il n'apprécie pas la contestation (Kroupi est parti il y a deux ans parce qu'il sortait du lot et Sauget a été mis sur la touche cette saison quand Correa a été persuadé qu'il avait signé à Saint-Etienne). Il a façonné l'équipe comme il la voulait depuis trois ou quatre ans, recrutant les joueurs qu'il voulait et refusant parfois ceux que son président lui proposait même avec un beau CV. Il dit penser aussi aux finances du club et ne veut pas de joueurs "fouteurs de merde". Il peut très bien surprendre son monde en sortant du onze de départ un joueur qui avait été excellent le match précédent.
Gerets: Son arrivée a coïncidé avec l'émergence d'une véritable discipline tactique au sein de l'OM. C'est le grand domaine dans lequel il a fait progresser les Marseillais. "S'il y a quelque chose qui ne va pas bien, je ne dois plus crier tout le temps et c'est eux-mêmes (ndlr: les joueurs) qui commencent à gérer cette affaire, surtout dans l'entrejeu", se félicitait ainsi début février le coach belge. Gerets a su également réveiller des joueurs en difficulté en début de saison comme Cheyrou, devenu un véritable moteur pour l'équipe, ou Mbami. Mais sa grande découverte aura été Valbuena qu'il surnomme affectueusement "le petit". Le joueur a littéralement explosé sous ses ordres, devenant un élément-clef du collectif olympien.
