Marseille a respecté sa feuille de route vers la Ligue des champions après sa victoire sans grande souffrance mercredi à Bergen (Norvège) lors du 3e tour préliminaire (1-0), pour lequel le coach Eric Gerets n'a pas hésité à actionner le délicat levier de la concurrence.

A moins d'un coup de tonnerre norvégien au match retour, l'OM aura donc honoré l'objectif "mastoc" de ce début de saison, pour reprendre le mot du président Pape Diouf: une qualification vers la lucrative épreuve européenne, et l'assurance d'empocher ainsi au moins 15 M EUR. Présent dans la tribune du coquet Brann Stadion, le directeur général du club Antoine Veyrat, homme des finances, a dû apprécier.

Tout comme Gerets, qui frétille à l'idée "d'entendre la musique agréable de l'hymne de la Ligue des champions".

Le coach marseillais a d'ailleurs focalisé l'attention mercredi, après ses choix tranchés que l'on n'attendait pas forcément si tôt.

Passablement irrité du "comportement défensif" de ses hommes à Rennes samedi en ouverture du championnat (4-4), l'entraîneur belge a d'abord laissé sur le banc le défenseur central Amine Erbate, lui préférant Ronald Zubar. Devant la presse, Gerets n'a pas franchement apprécié d'être interrogé sur cette décision. Histoire de ne pas ouvrir le débat sur le sort de l'international marocain présenté comme une recrue essentielle, avec Hilton, en vue de la recomposition de la charnière, chantier jugé vital au regard de la saison passée.

Cissé également sur le banc
La mise sur le banc d'Erbate ne diminue pas ses chances de rejouer "qui vont beaucoup monter", assure pourtant Gerets, justifiant le choix de Zubar par ses qualités physiques face aux athlétiques norvégiens. La première réponse sur un retour du Marocain sera donnée dimanche contre Auxerre.

Au fond, Gerets a mis en application dès le deuxième match de la saison le principe de concurrence accrue qu'il n'a cessé d'évoquer depuis l'intersaison. "La différence avec l'année dernière réside dans le niveau des soit-disant remplaçants", explique à l'envi le technicien belge. La richesse de son effectif lui permet aussi de pianoter à sa guise tactiquement en fonction de l'adversaire. Le 4-2-3-1 de Rennes a laissé place à un 4-3-3 plus prudent mercredi.

Voilà donc les joueurs avertis. Cissé n'a pas échappé à la règle. Son statut de vedette ne l'a pas empêché de vivre le match sur le banc, jusqu'à la 79e minute.

Gerets n'est pas du genre à se laisser impressionner par le pedigree. Il l'a déjà prouvé la saison dernière. Sauf qu'aujourd'hui, il a encore plus de munitions en stock. Un problème de riche, en somme. Et l'épaisseur de son effectif lui sera bien utile en Ligue des champions. Mais il va falloir gérer les hommes...