Revenu bredouille du Parc des Princes (0-1), Bordeaux se doit de se relancer contre Nantes pour justifier son statut en L1 contre un promu en quête lui aussi de certitudes et de solidarité à l'occasion du derby de l'Atlantique, dimanche, en clôture de la 3e journée.
Même s'il en porte encore le nom, ce Bordeaux-Nantes n'a plus la saveur des classiques des années 70 ou 80, oppositions de styles, de philosophies qui ont passionné bien au-delà d'une façade maritime.
A première vue, les Girondins semblent favoris de celui de dimanche. A l'observation des potentiels, il n'y a plus tellement photo entre les deux, Bordeaux ayant su prendre le virage du foot-business quand Nantes se perdait lentement au lendemain de son sacre de 2001.
Bordeaux, surtout, se doit de réagir après sa "défaite imméritée", selon Blanc, concédée à Paris, où il a montré des faiblesses dans l'animation, la percussion, l'état d'esprit aussi.
Et entend également effacer de sa mémoire le triste souvenir de la dernière venue au printemps 2007 des Canaris, qui le soir même, l'avaient battu (1-0) et privé d'une qualification directe en C1 et dit adieu à la L1.
"C'est sûr que Nantes a souvent réussi à Bordeaux", pose le gardien capitaine Ulrich Ramé, Nantais de naissance, une vingtaine de derbies au compteur. Qui s'attend à revivre le même scénario qu'à Paris, avec un bloc adverse très bas et des espaces limités.
"prendre des risques"
"On va tomber sur le mur de l'Atlantique, résume Ramé. Ils ont des joueurs relativement physiques, avec des atouts techniques". Et sans doute l'envie de poursuivre leur invincibilité en Gironde qui dure depuis plus de quatre ans.
"On s'attend à un match assez fermé, confirme l'entraîneur Laurent Blanc. Nantes redécouvre la L1, n'a pas fait un début de championnat tonitruant, il va certainement avoir à coeur de venir à Bordeaux pour ne pas ouvrir les portes. Ils vont essayer de les fermer, à nous de prendre des risques mesurés pour avoir les clés pour les ouvrir".
Privés une nouvelle fois de leur attaquant Marouane Chamakh, encore un peu juste après son entorse de la cheville, les Girondins devraient reconduire l'équipe vaincue dans la capitale avec ses quatre internationaux (Diarra, Gourcuff, Gouffran et Cavenaghi).
Du côté de la Jonelière, l'entraîneur Michel Der Zakarian, mis "sous-pression" par sa direction, vit un tout autre dilemme: comment trouver l'équilibre entre anciens et nouveaux, comment bâtir une équipe type cohérente avec une défense fébrile, une attaque en chantier et un moral fragile alors que ses jours à la tête du FCNA semblent déjà comptés ?
Malgré l'absence de véritable projet de jeu, Nantes a toutefois sa petite idée pour lancer enfin sa saison, et confirmer le bon 2e acte livré contre Monaco (1-1).
"Caen et Paris ont joué bas face à Bordeaux, note le technicien. Après, il faudra bien défendre, mais aussi savoir se projeter très vite comme les Normands ont su le faire. On ne pourra pas se permettre que de subir. A nous d'être bon dans l'utilisation du ballon, d'avoir de la mobilité et d'être solidaire".
