Claude Puel, l'entraîneur de Lyon, s'apprête à vivre un moment particulier samedi lors de la 9e journée de Ligue 1, face à Lille, son ancienne équipe, qu'il a façonnée et qui est considérée comme l'une des bêtes noires de l'OL.

"Ce sera un match particulier pour plusieurs membres de notre effectif et notamment Claude Puel", admet le capitaine des champions de France, Juninho. "Il a fait grandir le LOSC en l'emmenant en Ligue des champions", ajoute le Brésilien, rappelant que "Lille avait souvent mis Lyon en difficulté".

"Je ne sais pas si c'est un avantage d'avoir maintenant Claude Puel avec nous. S'il connaît bien les Lillois, ils connaissent également bien notre entraîneur", prévient Juninho.

Ainsi, Puel, qui a dirigé Lille entre 2002 et 2008, estime que cette rencontre sera surtout particulière pour... son ancienne équipe et ses anciens joueurs, comme l'attaquant Nicolas Fauvergue, mis à l'écart pour avoir critiqué la tactique restrictive de l'entraîneur après un match au Stade de France perdu (1-0) contre... Lyon.

Le directeur général du LOSC, Xavier Thuillot, a probablement aussi les coudées un peu plus franches désormais car l'ancien entraîneur nordiste avait beaucoup de pouvoir.

Père fouettard et côte attachant
"Il parlait peu mais disait ce qu'il pensait. Il est moins proche des joueurs que Rudi Garcia (l'actuel entraîneur) mais, sous ses allures de +Père Fouettard+, il a un côté attachant", souligne néanmoins Rio Mavuba, le milieu du LOSC. "Il sait qu'on va venir avec la rage au ventre et l'envie de livrer un gros match", affirme de son côté l'arrière Adil Rami.

"Ce sera un peu le match de l'année pour eux. Moi, je connais leurs qualités", souligne Claude Puel, qui garde un bon souvenir de son passage dans le Nord.

"Cela a été une formidable aventure d'équipe partie de rien. Nous nous sommes battus pour construire le centre d'entraînement, le projet du stade, les résultats sportifs, se souvient-il. Nous avons réalisé de grandes choses avec des bouts de ficelles et des gens qui aimaient le club".

Dès son arrivée à Lyon, il a très rapidement justifié son surnom de "Sergent Puel". Ainsi, l'OL, longtemps resté proche de son public et des médias malgré son statut européen, s'est refermé sur lui-même.

Durant l'été, le centre d'entraînement, jusqu'alors plutôt convivial, s'est transformé en camp retranché; Claude Puel s'est inspiré des aménagements recommandés par Gérard Houllier, entraîneur entre 2005 et 2007.

Journalistes, supporteurs et même le personnel du club doivent montrer patte blanche auprès des nombreux vigiles qui surveillent les lieux, où les entraînements à huis clos se multiplient, derrière des terrains aux clôtures désormais bâchées.

L'objectif avoué de Puel est de protéger les joueurs des "nombreuses sollicitations" dont ils feraient l'objet.

L'ambiance s'est donc nettement tendue, contraignant le président Jean-Michel Aulas a rencontrer les médias il y a deux semaines.

A l'inverse, les relations entre la presse lilloise et le LOSC sont beaucoup plus chaleureuses avec Rudi Garcia qu'avec Puel.

"La saison dernière, nous avons eu des problèmes avec Alain Perrin et l'encadrement. La priorité du club a été d'amener la discipline existant dans tous les grands clubs. Pour l'instant, cela fonctionne bien, reconnaît Juninho. Mais on sait que seuls les résultats comptent".