L'attaquant ivoirien Bakari Koné, qui avait séduit l'entraîneur marseillais Eric Gerets par son pouvoir de percussion en début de saison, traverse une période délicate après des débuts prometteurs dans la lignée de sa dernière saison à Nice.
"Je me suis battu pour lui. Il a une qualité que personne n'a dans l'effectif: demander le ballon chaque fois à temps, pour prendre l'espace. J'adore ce joueur!", lançait Gerets élogieux, début août, avant le début de saison.
Au terme de longues tractations entre Nice et l'OM, "Baky" Koné venait alors de franchir pour 10 millions d'euros les 210 km et le fossé d'ambitions séparant les deux clubs du sud. Marseille et son directeur sportif José Anigo le suivaient "depuis un moment". Avec le Lyonnais Hatem Ben Arfa, il devait être de ceux capables, quasiment à eux seuls, de faire basculer un match sur une action d'éclat.
De fait, il n'y eut guère de rodage: à Rennes dès le 1er match, Koné inscrit un but tout en finesse. Deux autres suivront, devant Sochaux d'une reprise de volée (3e journée) et à Bordeaux (5e journée) où il manquera aussi deux occasions franches.
Ce départ lui vaut quelques louanges. Malgré ses ratés à Bordeaux, Gerets dira qu'il a fait "un match sensationnel".
Mais depuis cette rencontre au sommet de la L1, l'Ivoirien, 27 ans, marque le pas. Moins tranchant, moins inspiré, moins lucide aussi. Et plus du tout buteur, même si, avec ses trois buts, il reste dans la moyenne de sa dernière saison niçoise qu'il termina avec 14 buts au compteur.
"Automatismes à trouver"
Ce n'est pourtant pas faute d'être titulaire. Il l'a été sept fois sur huit en championnat, en général associé à Mamadou Niang devant. Voire dans une position d'ailier, plutôt à gauche mais capable de permuter à droite.
Faut-il voir là le contre-coup physique de son passage à Nice où il fut rarement ménagé et joua même à la limite de la blessure? L'hypothèse d'une baisse de forme est en tout cas accréditée par ses pépins musculaires aux ischio-jambiers qui l'ont privé de deux matches.
Son jeu et son petit gabarit (1,63 m pour 61 kilos) l'exposent aussi régulièrement à un rude traitement de la part de certains défenseurs: "Je sais avant de commencer un match que je vais prendre des coups", disait-il en fin de saison dernière. Notamment face aux grands gabarits de Liverpool, en Ligue des champions...
L'éventuel coup de barre physique, pour un joueur dont le jeu explosif requiert précisément la meilleure forme, n'explique pas tout.
"Après ses débuts sensationnels, il a eu plus de difficultés que prévu. Mais ce n'est pas seulement de sa faute. C'est aussi que l'on ne comprend pas encore comment il joue", explique en effet Gerets, conscient que "Koné, comme Ben Arfa, a tellement de qualités qu'on peut être plus exigeant avec lui".
"Il y a certes encore des automatismes à trouver, mais dans les deux sens", précise le milieu Benoît Cheyrou.
Mot d'ordre, donc: patience!
