Bordeaux, l'ambitieux qu'on attend encore, et Toulouse, le miraculé qu'on n'attendait pas: le derby du Sud-Ouest de la 9e journée de L1, samedi, a une saveur accrue et la capacité de faire basculer dans le bon la saison des Girondins, 5e, dans le très bon celle du TFC, 2e.
L'un y est, l'autre pas
Toulouse,
sauvé de la relégation lors de la 38e journée du dernier championnat et
discret dans son recrutement, surprend tout le monde par son parcours
solide (5 victoires, 2 nuls, 1 défaite) à défaut d'être spectaculaire.
Au contraire de Bordeaux, brillant dauphin 2007-08 joliment renforcé
(Gourcuff, Gouffran), mais encore irrégulier cette saison.
C'est le "paradoxe" selon Laurent Blanc: "On a vécu une excellente saison dernière et on a du mal à se remettre dans celle-ci car, inconsciemment, il y a un peu de relâchement. A contrario, Toulouse a vécu un peu un enfer l'an dernier, et, comme ils n'ont pas beaucoup changé, ses joueurs n'ont pas envie de revivre la même chose, donc ils se sont remis dans cette saison plus tôt, plus intensément que Bordeaux. Et ils ont pris les points".
Personne n'est dupe
Ni euphorie en Haute-Garonne, ni alarmisme en Gironde. Chacun est
bien conscient du fait que le classement ne dit pas tout. "Nos 17
points sont tous mérités", pose le néo-entraîneur du TFC, Alain
Casanova, mais "si nous sommes 2e c'est aussi parce que certaines
grosses cylindrées ne sont pas au rendez-vous". Même son de cloche chez
Laurent Blanc. "Malgré tous nos défauts constatés, on n'est quand même
pas très loin, puisqu'on reçoit le 2e, qui n'est qu'à 3 points. On sait
que si on gomme des choses nous pénalisant depuis le début
-concentration, erreurs individuelles- et qu'on garde le bon, on sera
très compétitifs". "Bordeaux ne va pas tarder à faire mal", appuie
Casanova.
Groupe concerné, héros fatigués
Une des forces du TFC nouveau est le groupe élargi, la mobilisation
de tous par Casanova. "L'état d'esprit est forcément bon quand chacun
sait qu'il aura sa chance s'il la mérite", explique Bryan Bergougnoux,
qui s'y retrouve dans le temps de jeu partagé, même si s'affirment des
hommes clefs: André-Pierre Gignac (5 buts) en attaque, Etienne Didot au
milieu. A Bordeaux, le TFC récupère Etienne Capoue, Paulo Cesar et
Daniel Congré.
Bordeaux est déjà un peu étiré, victime pour partie de son succès, à l'image de Yoann Gourcuff, qui a tout joué en club (11 fois titulaire sur 11), et avec l'équipe de France (sauf 10 minutes) depuis la Serbie début septembre. "Ne le grillons pas", s'inquiète Blanc, qui sait qu'il devra gérer son meneur. Le problème, c'est que le milieu girondin n'est actuellement pas dans l'opulence, entre Wendel suspendu -comme le latéral Matthieu Chalmé- et Jussiê blessé.
A Bordeaux l'urgence
Les Girondins se sont ôtés de la pression par un succès sans relief
à Lorient (2-1) mais savent l'urgence de gagner à Chaban-Delmas, ce
qu'ils n'ont pas fait depuis fin août (3e journée contre Nantes, 2-0).
Ils savent aussi qu'ils doivent asseoir leur jeu offensif, l'excentrer,
peut-être le simplifier. Le problème, c'est qu'hormis 50 minutes contre
Rome en C1 (1-3), ils manquent de référent récent. En tout cas sûrement
pas l'amical de vendredi dernier contre Nantes (0-2).
La pression est presque absente du côté des Toulousains, qui souhaitent "continuer de progresser dans le jeu", un jeu que Casanova sait raillé pour son aspect défensif, mais dont le bloc-équipe peut poser à Bordeaux bien des problèmes.
