Yoann Gourcuff, une nouvelle fois splendide buteur et passeur décisif, a résolument mis Bordeaux dans le sens de la marche et à la 2e place provisoire de L1, après un succès séduisant 2 à 1 (mi-temps 2-0) sur Toulouse, samedi pour la 9e journée à Chaban-Delmas.
Les Girondins, qui n'avaient plus revu le podium depuis leur dernière victoire à domicile fin août pour la 3e journée, retrouvent un jeu et un rang dignes de leurs ambitions. Même si leur irrégularité récente incite à la prudence, avec la C1 -Cluj dès mercredi- pompeuse d'énergie.
"On est en progrès", a déclaré Laurent Blanc, satisfait "de 70-75 minutes de bonne facture, de la victoire méritée, de la globalité", hormis une fin de match moins maîtrisée. "Mais on n'allait pas gommer en un match tous nos travers du début de saison."
Pour le TFC, rien d'infâmant à cette 2e défaite, chez le vice-champion après être tombé chez le champion Lyon à la 1re journée.
Rien hormis, selon l'entraîneur Alain Casanova "déçu", un signal peut-être inquiétant: dans la récupération, la combativité, la maîtrise du simple, "on a été en-dessous par rapport à ce qui faisait nos valeurs jusque là".
A Bordeaux, Gourcuff, petite merveille retrouvée du foot français, n'a affiché aucun symptôme de surmenage malgré sa 15e titularisation en deux mois et demi, entre Bordeaux et équipe de France, et la crainte de Blanc de voir son meneur "se griller". L'ancien joueur de l'AC Milan n'est d'ailleurs finalement sorti qu'à la 75e minute.
Son bijou de but individuel (29), une talonnade-râteau pour lui-même médusant deux défenseurs (Fofana, Cetto) avant de battre Carrasso, est assuré de figurer en bonne place dans le CV du jeune meneur. Et dans les "best of" de la saison.
Le TFC réagit trop tard
Ce
coup de patte récompensait une mi-temps séduisante de Bordeaux, entre
faible déchet technique, mobilité dans l'échange et grosse solidarité à
la récupération. Le TFC hermétique de Casanova sait subir, mais
subissait beaucoup.
Et pourtant, Fernando dans le petit filet (5), Bellion de loin (8) Cavenaghi (19) n'avaient pas affolé Carrasso. Tandis que Matthieu Valverde, suppléant une 3e fois Ulrich Ramé (convalescence d'inflammation pubienne), avait dû sortir un tir d'Ebondo.
Mais Gourcuff, avaleur de kilomètres, repassait par là, déviant de la tête une ouverture de Planus pour Bellion, qui se défaisait avec cran de Cetto pour tromper Carrasso (2-0, 40).
Un deuxième acte plus équilibré voyait Valverde intervenir à propos sur des centres de Gignac (51), Matthieu (67), mais Bordeaux prendre aussi les espaces accrûs par Gouffran (53) ou Cavenaghi (69).
Capoue, reprenant de près un ballon relâché par Valverde, ramenait le TFC, trop tard (2-1, 90+4).
La soirée appartenait à Bordeaux et à son meneur-enchanteur, qui ne s'émeut ni des louanges sur son état de grâce, ni des spéculations sur son avenir.
"J'essaie de mettre de côté ce qui peut se dire ou s'écrire. Je n'ai pas envie que tout cela me perturbe. Il y a encore beaucoup de matches, importants, à jouer. Je reste concentré sur l'équipe de Bordeaux, et on verra bien ce qui se passera en temps voulu..."
