Marseille aurait-il évité de perdre son premier match de la saison avec Hatem Ben Arfa? Le refus de l'attaquant de s'échauffer dimanche lors de la lourde défaite contre Paris a alimenté lundi la polémique, que le joueur et les dirigeants se sont rapidement employés à déminer.

Le lourd revers marseillais (2-4) devant son vieux rival ne souffre en soi guère contestation, tant le Paris Saint-Germain est apparu sûr de son sujet, respectant jusqu'au bout une discipline de jeu terriblement efficace.

L'OM a certes montré un meilleur visage qu'à Eindhoven quatre jours plus tôt en Ligue des champions où il avait tutoyé le néant (0-2). C'est la seule satisfaction de la soirée, qui ne semble avoir traumatisé ni les joueurs, ni l'entraîneur.

"J'ai retrouvé une équipe sur le terrain", s'est ainsi félicité l'entraîneur marseillais Eric Gerets, plutôt rassuré par la "circulation de balle, à défaut de sa conservation" de son équipe.

Cette défaite qui lui fait rater le coche de la place de leader, Gerets préfère la mettre sur le compte de "la poisse lors de moments importants", comme la frappe de Cheyrou sur la transversale qui rebondira sur la ligne, plutôt que sur des problèmes récurrents de concentration en défense en dépit de changement d'hommes (Zubar par Cana) ou des changements tactiques.

Ben Arfa aurait-il changé le cours de la rencontre? Rarement un absent n'aura en tout cas fait autant parler de lui...

Pas de sanction
Le fait est qu'en refusant de s'échauffer à 30 minutes de la fin du match, l'ancien Lyonnais a suscité l'ire de son coach qui "a vu cela pour la première fois de (ma) vie".

Ben Arfa le Parisien rêvait de ce match. Mais sa prestation à Eindhoven l'a condamné au banc de touche, Gerets se réservant la possibilité d'une entrée en fin de match pour débloquer la situation.

Une explication franche a eu lieu lundi entre Gerets et l'attaquant. "Un entretien direct qui pouvait compliquer ou résoudre le problème" et qui l'a finalement "résolu", affirme Gerets. "J'ai eu une réaction mal placée, je suis un compétiteur, un gagneur, je rêve de matches comme celui-ci. Je me suis excusé auprès du coach, de mes coéquipiers, et je m'excuse auprès des supporteurs", a confirmé Ben Arfa, faisant irruption -- mise en scène ou acte spontané? -- en pleine conférence de presse de Gerets...

L'OM ne sanctionnera pas finalement ce "mouvement d'humeur", comme le dit le directeur sportif marseillais José Anigo, sensible aux excuses du joueur. L'an dernier, pour avoir contesté Gerets, Karim Ziani avait pourtant écopé de 10 jours de mise à pied et d'une belle amende. Un "droit à l'erreur" a été accordé à ce "compétiteur, qui n'a que 20 ans", poursuit Anigo. Il l'a rencontré dimanche et lundi, tout comme le président Pape Diouf. Celui-ci a aussi entendu Michel Ouazine, conseiller de l'ancien Lyonnais venu plaider un règlement du problème en bonne intelligence.

Plus que jamais, la balle est désormais dans le camp de Ben Arfa, qui ne va pas améliorer son image de joueur difficilement gérable et dont le comportement irrite certains cadres. A Gerets aussi de lui trouver une place sur le terrain, alors qu'il navigue sur tous les fronts de l'attaque. Anigo est confiant: "il a trop de talent pour que cela soit un souci. Il manque encore de régularité, mais quelle classe!".