C'est à s'arracher les cheveux! Ultra-dominateur mercredi à Nantes, Marseille a peiné pour inscrire en fin de match le but qui ne lui a finalement donné que le petit point du match nul, ce qui irrite le coach Eric Gerets en quête d'un "tueur".
A la Beaujoire, Nantes a ainsi passé le plus clair de son temps à courir derrière le ballon. Une domination marseillaise outrageante, orchestrée par des techniciens inspirés comme Hatem Ben Arfa, Karim Ziani ou "Baky" Koné.
L'OM ne s'est pas contenté de récupérer le ballon, il a aussi su ne pas le perdre.
Tout était donc réuni pour un carton plein offensif devant ce qui était la deuxième défense (ex-aequo) la plus faible du championnat. Las...
"Je pense que nous avons trop bien joué! On garde beaucoup le ballon, on se fait beaucoup de passes, en jouant trop latéral, à la 'baballe'. Alors qu'avec le taux de possession que nous avions, nous aurions dû avoir plus d'occasions nettes", résume Ziani, en verve mercredi.
De fait, l'OM n'a pas accumulé les occasions franches. Il y en eut quatre peut-être. Moins que dans d'autres matches, où les Marseillais avaient aussi la main sur la rencontre.
Sentiment d'impuissance
Mais c'est l'incapacité à les transformer qui a interpellé. Gerets ne peut que constater: "il nous manque de temps en temps un tueur devant le but. Là où ça brûle, il nous manque quelqu'un qui peut mettre le ballon au fond en une seule occasion. Un tueur, c'est quelqu'un qui n'a besoin que d'une demi-occasion pour la mettre au fond, un type comme (Steve) Savidan", le buteur de Caen.
L'absence de Mamadou Niang a sans doute pesé. L'international sénégalais souffre d'un début de pubalgie et sa participation au match de samedi contre Saint-Etienne demeure incertaine. Aux yeux de Gerets, Niang a ce statut de "tueur" potentiel, même s'il n'a pas retrouvé sa forme de la saison dernière.
Mais sans Niang, la responsabilité doit être assumée par d'autres. Mercredi, le sentiment d'impuissance était pourtant total. Ni Koné (finalement buteur après plusieurs échecs), ni Ben Arfa, ni Grandin, ni Ziani, ni Valbuena n'ont pris ce relais-là. Ce déficit est d'autant plus criant qu'il n'y eut pratiquement aucune frappe lointaine, à l'exception de celle de... l'arrière Taye Taiwo.
Est-ce un problème de gabarit, en l'absence de "déménageur", selon le terme de Gerets? De forme physique? De lucidité, abandonnée au profit du beau geste? Cette équipe-là manque en tout cas de percussion, voire d'agressivité au moment de conclure.
Force est de constater aussi que le départ de Cissé -- pas toujours "tueur" lui non plus au regard de son ratio buts-occasions -- n'a pas été compensé par l'arrivée de Mamadou Samassa, encore trop tendre. La vitesse avec laquelle Cissé à fait ses valises n'a certes pas favorisé l'anticipation dans le recrutement.
C'est pourquoi Gerets, malgré le bataillon de joueurs à vocation offensive à sa disposition, a lancé jeudi: "cela ne vous étonnera pas que, si nous faisons quelque chose (au prochain mercato, ndlr), ce sera dans le secteur offensif".
