Alors que le Paris SG semblait avoir retrouvé une solidité défensive cette saison, les errements de sa charnière centrale et les fautes grossières accumulées ces derniers temps ont fissuré cet édifice, devenu un frein aux ambitions parisiennes.
Avant le match face à Marseille, Paris possédait la meilleure défense du championnat. Un statut découlant, non pas d'un jugement de valeur, mais du total de buts encaissés.
Avant ce match face à l'OM, Paris avait pris 7 buts. Deux matches plus tard, la défense parisienne est désormais 3e après en avoir encaissé trois de plus. Quand Paris en marque quatre contre Marseille, cela passe inaperçu. Mais quand un match se joue à très peu de choses, comme contre Toulouse mercredi au Parc des Princes, cela ne passe plus.
Et ce qui interpelle surtout, c'est la façon dont Paris a pris ces buts.
"On fait vraiment des erreurs grossières", a reconnu Paul Le Guen après Toulouse. "On a l'impression d'être le père Noël. On commence avec un handicap et c'est dommage", avait de son côté regretté Claude Makelele, stigmatisant une accumulation inquiétante d'erreurs défensives.
Signes avant-coureurs
Déjà face à Lorient, le match qui précédait le déplacement au Vélodrome, il y avait eu des signes avant-coureurs.
L'un des deux buts encaissés au Parc était dû à une erreur grossière de Camara. Paris avait effacé ce faux-pas en inscrivant trois buts (3-2), mais le doute s'est visiblement installé. Depuis, l'ancien défenseur central de Saint-Etienne traverse une mauvaise passe. C'est lui qui a envoyé de la tête le ballon dans les filets de Landreau mercredi face au TFC, dans un geste traduisant une fébrilité récurrente au Parc des princes.
Et quand ce n'est pas lui, son compère de la défense centrale Grégory Bourillon prend le relais. Face à l'OM, celui dont Paul Le Guen voulait qu'il s'aguerrisse en début de saison en l'envoyant refaire ses gammes en CFA, n'avait pas été dans le coup, impliqué sur le premier but encaissé.
Pour ne rien arranger, le gardien parisien Mickaël Landreau, pourtant extrêmement performant depuis le début de la saison, n'est, lui aussi, plus très serein. Contre Marseille, il avait relâché une frappe de Bakari Koné permettant à Valbuena de marquer le deuxième but marseillais, et ses dernières sorties aériennes ont confirmé que ce secteur restait son point faible.
Cela fait tout de même beaucoup!
"Pas à l'abri d'une connerie"
L'entraîneur parisien avait tenté de défendre ses joueurs, expliquant que lui aussi avait été joueur à Paris et qu'il pouvait concevoir une certaine "crispation".
Le retour de Mamadou Sakho en défense centrale, qui est désormais opérationnel après avoir été opéré d'une pubalgie, était attendu mercredi face à Toulouse, surtout après la piètre prestation de Bourillon à Marseille. Mais Le Guen avait préféré attendre.
Le jeune défenseur central, dont l'entraîneur parisien ne cessait de vanter les qualités malgré son âge (19 ans), devrait peut-être revenir face à Nice pour permettre à Camara de souffler un peu.
Comme l'a dit jeudi Jérôme Rothen, il n'y a pas encore péril en la demeure. "On est encore bien au classement (8e de L1). Le problème, c'est qu'à 0-0 dans un match, on sait qu'on n'est pas à l'abri d'une connerie. Et comme, pour l'instant, on prend des buts +vidéo gag+..."
Un problème qu'il va vite falloir résoudre.
