Les temps changent pour le milieu de Marseille Karim Ziani, passé du statut de "flop du mercato" la saison dernière à celui de titulaire quasi indispensable aux yeux de son entraîneur Eric Gerets, avec lequel les rapports n'ont pas toujours été harmonieux.

A Nantes, mercredi lors de la 11e journée (1-1), Ziani a épaté son coach: "Il a été fameux. Il me sera difficile de l'écarter. Il a été très bon balle au pied. Le seul petit reproche qu'on pourrait lui adresser c'est que, de temps en temps, il pourrait jouer plus vite", a lancé un Gerets laudatif.

Tout n'a pas été aussi limpide dans le parcours de Ziani à l'OM. Lorsqu'il est entré dans le vestiaire de la Beaujoire, l'ancien Sochalien, de son propre aveu, a ainsi eu une "petite pensée" pour l'épisode noir qu'il avait vécu dans ce même lieu quelques mois plus tôt...

C'était le 19 mars, en 8e de finale de la Coupe de France contre Carquefou (CFA2). L'OM avait été incapable de se défaire de cette équipe d'amateurs et, à la mi-temps, Gerets avait décidé de sortir Ziani. Mécontent, celui-ci avait protesté. Le ton était monté et les dirigeants l'avaient mis à pied dix jours. On ne l'avait plus revu de la saison.

La préparation estivale lui a pourtant offert de nouvelles perspectives. "Ziani me fait la misère positive à l'entraînement. Il pète les flammes", a lancé Gerets début août. Les offres de Stuttgart, à l'affût, ont finalement été repoussées. Priorité au pari marseillais, en forme de deuxième chance, après une première saison escamotée par les blessures.

"Je me sens beaucoup mieux"
Jusqu'à présent, l'option s'est révélée positive. L'international algérien, 26 ans, a en effet disputé 8 des 11 journées. Il a surtout convaincu dans un rôle de soutien aux deux attaquants, dans l'axe, lui qui répète à l'envi qu'il n'aime pas "jouer le long de la ligne" car il "préfère toucher beaucoup de ballons".

"Ce poste de numéro 8, ni trop devant, ni trop derrière, est celui qui me convient le mieux. Je peux partir de plus loin, tout en voyant le jeu devant moi. Cette saison, je me sens beaucoup mieux. J'ai beaucoup plus de temps de jeu", poursuit l'ancien meilleur buteur de L2 avec Lorient lors de la saison 2005-2006.

Gerets est désormais convaincu, lui aussi, que le rendement du joueur est plus net dans l'axe. "Il est ouvert!", rigole Ziani, conscient de "la confiance du coach", à qui il veut "rendre la pareille".

Dans l'entourage du joueur, on apprécie évidemment ce changement de climat, même si on note: "Karim n'est pas dix fois meilleur que l'an dernier". Sous-entendu: une chance supplémentaire aurait pu lui être accordée la saison dernière.

Avec le retour de Ziani au premier plan, Gerets doit en tout cas gérer l'abondance de biens. La concurrence avec Mathieu Valbuena, lui aussi désireux d'évoluer dans l'axe, se fait en effet plus pressante. A Nantes, ce dernier a longtemps été laissé sur le banc avant d'entrer en fin de match.