La Roma, qui n'en finit plus de perdre, accueille Chelsea, leader du Championnat d'Angleterre, mardi au stade Olympique lors de la 4e journée (Gr.A) de la Ligue des champions.

Etat des lieux du club romain, qui, en cas d'une nouvelle défaite, n'aurait plus grand chose à espérer en Europe.

. La dégringolade: en s'inclinant sur le terrain de la Juventus (2-0) samedi, la Roma a concédé, toutes compétitions confondues, sa cinquième défaite de rang. Après douze matches, son bilan est de 3 victoires, 1 nul et 8 défaites (13 buts marqués et 21 encaissés). En Championnat, seulement 17e, elle n'avait plus fait aussi mal depuis 1973. En Ligue des champions, elle doit s'offrir un sans faute si elle veut sortir de la poule après deux défaites et un seul succès.

. Le mental ne suit plus: lors de ses premiers revers, la Roma, faute d'être rayonnante, montrait au moins par instants qu'elle n'avait pas perdu son jeu. Mais à force de perdre, elle a perdu confiance. Après l'ouverture du score de la Juve, les joueurs, plutôt que de se révolter, ont été "effrayés", a analysé Luciano Spalletti. "On s'est désunis par peur de ne pas être à la hauteur. Mentalement, nous sommes une équipe qui a du mal à renverser ce genre de situation", a poursuivi l'entraîneur. "On ne parvient pas à réagir", a abondé le défenseur Christian Panucci.

. Spalletti garde le cap: depuis 2005, entre Spalletti et la Roma, c'était la lune de miel. Il s'agit aujourd'hui de la première crise. Mais l'entraîneur demeure fidèle à ses principes, pas question de tout bouleverser ou de "bétonner" en défense: l'équipe vice-championne ces deux dernières saisons ne s'en sortira qu'en jouant comme elle sait le faire, vers l'avant. Sans se défiler, il assure aussi qu'il est le premier responsable de la situation. Les dirigeants, eux, ont répété qu'il était hors de question de se séparer de lui.

. Le capitaine manque: depuis le début de la saison, Francesco Totti, qui souffre d'une inflammation chronique au genou droit, ne joue pratiquement pas, et il demeure une nouvelle fois très incertain avant d'affronter Chelsea. Il semble pourtant le seul à même de tirer son équipe vers le haut. Ses habituels "lieutenants", les Pizarro, Vucinic, Taddei et autre Perrotta sont en tout cas perdus, loin de leur niveau.

. Contre Chelsea: la vieille rengaine selon laquelle une équipe est encore plus redoutable lorsqu'elle est "blessée" n'a plus grande signification tant la Roma est en difficulté. En plus, on imagine mal Chelsea, vice-champion d'Europe qui ne s'est incliné qu'une seule fois cette saison, perdre subitement ses (gros) moyens face à des Romains subitement devenus irrésistibles. Un nul face à la meilleure défense d'Angleterre (4 buts encaissés en onze matches) aurait déjà presque l'allure d'une victoire pour les Romains.