En ce dimanche ensoleillé du mois d'octobre, la ville de Turin est calme et la température avoisine les 20 degrés. A quelques kilomètres de la capitale du Piémont, à Vinovo, au centre d'entraînement de la Juventus, les joueurs ont droit à l'habituel décrassage de lendemain de match. L'allure décontractée, Mohamed Lamine Sissoko, arrivé à la Vieille Dame en janvier 2008, a accepté de répondre en exclusivité aux questions de FIFA.com.
A seulement 23 ans, Sissoko est déjà un globe-trotter du football. Depuis son départ du centre de formation d'Auxerre, en 2003, le Franco-Malien a connu trois des plus grands championnats européens.
"Garder les pieds sur terre"
A peine la majorité atteinte, le natif de Seine-Maritime quitte l'Hexagone pour Valence malgré les premières craintes liées à son jeune âge. "Il n'est jamais facile pour un jeune de 18 ans de tout quitter et d'arriver dans un pays inconnu. Pour autant, je ne me suis pas pris la tête, Valence était une bonne opportunité et j'ai foncé". Sûr de ses forces, Sissoko a mis peu de temps pour évacuer les doutes. "Mes coéquipiers de l'époque ont su me mettre à l'aise rapidement et ma famille a fait en sorte que je garde les pieds sur terre". En l'espace de deux saisons, Sissoko a inauguré son palmarès avec un titre de champion d'Espagne, une Coupe de l'UEFA ainsi qu'une Supercoupe d'Europe.
En 2005, alors que tout se passait bien en Espagne, l'international malien profite d'une offre de Liverpool pour rejoindre la Premier League, "un championnat plus physique et plus intense que la Liga, beaucoup plus technique". Il y rejoint un homme, Rafaël Benitez, celui qui l'avait déjà débauché de Bourgogne pour le faire signer dans la communauté valencienne. Sissoko le considère "comme un entraîneur particulier, un second père pour qui j'ai beaucoup de respect". Sous ses ordres, il va décrocher une seconde Supercoupe d'Europe, une Coupe d'Angleterre et un Community Shield.
Après trois saisons chez les Reds, Sissoko décide de rejoindre un nouveau championnat, direction l'Italie et la Juventus. "Je suis fan depuis que je suis petit parce que j'admirais Zidane. Et quand tu aimes Zidane, tu aimes la Juve". Cette saison, il a déjà disputé sept rencontres de Serie A et cinq de Ligue des champions de l'UEFA. Sissoko a trouvé ce qu'il était venu chercher : "Jouer le plus possible et remporter un maximum de titres".
"Le choix du cœur"
Sur le plan international, "Momo", comme il est surnommé dans le vestiaire turinois, a opté sans hésitation pour la sélection malienne. "Je suis né en France, j'ai grandi en France mais mes parents sont originaires du mali. C'est le choix du cœur et les Maliens savent me le rendre quand je rentre au pays".
Depuis sa première sélection, en novembre 2003 au Maroc, il a porté à 15 reprises la tunique des Aigles, toujours en course pour une qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010.
Malgré le bon parcours des Maliens dans le Groupe 10, et un passage au troisième et dernier tour arraché lors de la dernière journée, Sissoko admet que tout n'a pas toujours été rose pour sa sélection. "Après la défaite au Congo, lors de l'avant-dernier match, le doute s'est installé. Nous partions avec un peu de pression pour affronter le Tchad, en étant dans l'obligation de nous imposer". Un mois après ce revers, le peuple malien a pu exulter. "Les supporters déçus par nos prestations antérieures ont vraiment pu se lâcher et savourer une qualification pour le dernier tour".
Le vœu de Sissoko a été exaucé, quand avant le tirage le joueur avait confié à FIFA.com qu'il désirait "éviter les gros d'Afrique et en tête de liste le Nigeria". Avec le Ghana, le Bénin et le Soudan, "Momo" et les Maliens ont leur destin en mains pour, peut être, accéder au rêve africain.
