Trois victoires consécutives et 9 buts marqués: la semaine écoulée a profité à Marseille, ancré à la 2e place du classement de L1 après son succès à Grenoble samedi (3-0), faisant suite aux victoires devant Eindhoven (3-0) et Saint-Etienne (3-1).
En dépit de cette belle série, le coach phocéen Eric Gerets préfère cependant tempérer les ardeurs pour maintenir ses troupes en alerte en vue du duel qui se dessine avec Lyon.
Le plus gros potentiel offensif du moment. Avec 27 buts inscrits en 13 matches, l'OM est la seule équipe à tourner aujourd'hui à plus de deux buts de moyenne par rencontre. Deuxième meilleure attaque, Bordeaux n'en est qu'à 20 buts! Le quotidien régional La Provence a fait ses comptes: la dernière équipe marseillaise ayant connu pareille fécondité après 13 journées est celle dirigée par Rolland Courbis en 1998-1999 (28 buts).
Koné, Ben Arfa, Niang, un trio dans l'air du temps. Pas un match sans que l'un d'entre eux au moins ne fasse trembler les filets adverses! Les deux premiers, retrouvant une certaine plénitude physique après une préparation tronquée ou difficilement digérée, en sont désormais à six buts, le troisième à 4. La saison dernière, Niang (18 buts) et Cissé (16) avaient inscrit à eux deux 58% des buts marseillais. Le danger est aujourd'hui plus protéiforme. De quoi nourrir le débat sur la nécessité de recruter un buteur. Après le match nul à Nantes, où l'OM, ultra-dominateur, n'avait ramené qu'un petit nul (1-1), Gerets avait lancé: "Il manque de temps en temps un tueur devant le but". Changement de ton dimanche: "Si l'on avait tué les matches comme on l'a fait samedi, avec 3 buts en 5 occasions, je n'aurais pas dit cela". Reste cependant à savoir comment Niang, qui sort d'un début de pubalgie, va gérer physiquement la suite des rencontres.
Un système qui se rode. Est-ce un hasard? Les trois victoires de la semaine ont correspondu à un schéma en 4-4-2 reconduit. Cela facilite les automatismes. Mais Gerets, qui regrette peut-être d'avoir déclaré qu'il avait "une équipe-type pour l'instant" ne veut pas d'un système figé. Et s'interroge sur le maintien de Ben Arfa juste derrière le duo Niang-Koné: "Il me dit qu'il est un joueur d'axe, mais il doit me prouver que c'est dans cette position qu'il est le plus utile. Car quand il est placé côté droit, ce pourquoi je l'ai acheté, et qu'il entre avec le ballon, il peut être extrêmement dangereux...". Ziani, très précieux aux yeux de Gerets, pourrait alors jouer dans l'axe.
Le bloc défensif en question. "Je suis très content du résultat, mais le match était loin d'être parfait", a lancé Gerets. Dans le viseur: un comportement défensif laissant parfois à désirer. Ce n'est certes pas nouveau. "Le bloc défensif se forme à partir des avant-centres", a ainsi rappelé Gerets, qui n'a pas procédé au débriefing dimanche en raison du décès du frère du défenseur Amine Erbate, qui a frappé toute l'équipe. "Il y a des joueurs plus à l'aise pour attaquer que pour défendre. Il faut leur rappeler régulièrement", constate aussi le défenseur central Vitorino Hilton. C'est à l'aune de cet effort-là, sans doute, que l'OM pourra titiller Lyon. Premier round: le 14 décembre à Gerland. "Ce serait idéal pour le suspense de ne compter que 2 ou 3 points de retard sur eux à ce moment-là", affirme Gerets, qui guette un faux pas lyonnais d'ici-là...
