Le coup gagnant du Paris Saint-Germain contre Lille dimanche soir (1-0), avec un duo Hoarau-Giuly titularisé à la pointe d'un 4-4-2, le premier impulsant le but du second, pourrait donner des idées à Paul Le Guen, qui avait misé ces derniers mois sur un 4-3-3.

Giuly, critiqué pour ses jambes de 32 ans, a enfin trouvé le chemin des filets sous les couleurs parisiennes. Le but n'était pas beau et doit beaucoup au flair de l'ancien de la Roma, qui a su exploiter une faille dans le positionnement entre le gardien lillois Malicki et un de ses défenseurs, Rami.

Mais l'association entre un Giuly "renard des surfaces" et un Hoarau qui se rend disponible, et prend du volume à chaque match, pourrait faire son chemin.

"J'espère que ce but sera le premier d'une belle série pour Ludovic (Giuly), commente Le Guen. Je l'ai utilisé dans une fonction un peu différente, devant avec Hoarau. Giuly a cette capacité à jouer à la limite du hors-jeu, c'est un argument, une possibilité."

Un premier but à la construction similaire avait d'ailleurs été refusé par l'arbitre à Giuly (déjà servi par le Réunionnais), hors-jeu sur cette action, dans les vingt premières minutes.

Si Le Guen persiste dans cette voie, avec l'attelage Hoarau-Giuly, les dommages collatéraux seront lourds pour les autres attaquants qui avaient retrouvé du temps de jeu dans le 4-3-3.

Luyindula et Pancrate seraient ainsi les premiers à en faire les frais, eux qui avaient déjà remonté la pente d'une saison qui s'annonçait mal.

"Jeu d'ensemble"
Le 26 juillet, à l'occasion d'un amical face aux Belges de La Gantoise au Parc des Princes qui servait de présentation officielle de l'équipe parisienne pour les abonnés, les deux attaquants avaient été conspués par les supporters.

Mais Luyindula, petit à petit, s'était accroché et avait été titularisé lors des cinq dernières rencontres de championnat (ses seules titularisations sur les 9 parties jouées, pour 1 but marqué en L1). Dimanche soir, il est entré dans le temps additionnel...

Pancrate, lui aussi à 5 titularisations (sur 10 matches, avec lui aussi 1 seul but en L1), est actuellement légèrement blessé (cheville gauche). Retrouvera-t-il du temps de jeu une fois rétabli?

La question se pose aussi pour Kezman, la grande énigme du recrutement parisien. Titulaire seulement à 2 reprises en L1 (sur 10 matches joués et 1 seul but marqué en L1), le Serbe ne convainc toujours pas et risque de patienter encore longtemps sur le banc. C'est lui qui a remplacé Giuly à la 70e minute du match contre Lille.

Reste à savoir si le ticket Hoarau-Giuly sera reconduit durablement. Rien n'est moins sûr. "Hoarau et Giuly sont complémentaires, c'est pour ça que je suis venu à ça, mais, après, il faut que le jeu d'ensemble soit plus assuré", analyse Le Guen. Or l'équilibre n'est pas encore au rendez-vous dans une équipe parisienne qui ne joue toujours pas en bloc et laisse trop de champ à ses adversaires, même si un certain attentisme (laisser la balle à l'adversaire et procéder en contre) fait partie de la tactique.

Mercredi, en Coupe de la Ligue contre Nancy, Le Guen doit faire tourner. Le prochain déplacement au Havre et la réception de Lyon en L1 seront des tests plus déterminants pour la nouvelle paire Hoarau-Giuly.