Lorient, amoindri, a justifié sa réputation de bête noire de Marseille qui manque ainsi une occasion pourtant favorable sur le papier de se rapprocher de Lyon, en s'imposant 3-2 au Vélodrome dans les 25 dernières minutes après avoir été pourtant mené 2-0 samedi lors de la 14e journée de L1.
L'OM pensait avoir fait le plus dur en marquant deux fois par Karim Ziani et Mamadou Niang sur un penalty contestable, mais s'est fait surprendre par des Bretons qui n'ont jamais fermé la porte. Le début de belle série marseillaise (victoires devant St-Etienne et à Grenoble) prend fin, en dépit des mises en garde répétées du coach Eric Gerets contre toute autosatisfaction.
Sur une pelouse portant encore les stigmates de France - Argentine de rugby, les deux équipes ont offert un jeu alléchant.
L'OM voulait produire du jeu, et le tandem Ben Arfa-Ziani en a produit en première période. Quant aux Bretons, ils n'ont jamais refusé le jeu. Bien au contraire: même lorsque les Marseillais ont mis le pied sur l'accélérateur, les hommes de Christian Gourcuff n'ont cessé de chercher des solutions, prenant même l'initiative après le repos.
"Nous avons beaucoup moins bien maîtrisé le jeu en seconde période" avouait le capitaine marseillais Lorik Cana. Il ne comprend pas pour autant les raisons de ce dérapage, même s'il admet "qu'il est possible que nous ayons eu un péché d'orgueil alors que nous menions 2 - 0".
Fabrice Amiel, le capitaine breton avait offert à son équipe la première occasion du match. Parti dans le dos de la défense marseillaise, il voyait sa tentative du plat du pied repoussée par Steve Mandanda. L'OM, par l'intermédiaire de Mamadou Niang, aurait pu dans la foulée refroidir les velléités morbihannaises. Mais après avoir effacé Lionel Cappone, l'attaquant marseillais voyait sa frappe renvoyée par le poteau.
Karim Ziani réussissait là où le meilleur passeur de l'OM avait échoué: exploitant un centre en retrait de Benoît Cheyrou, le milieu phocéen inscrivait face à son ancien club son deuxième but de la saison (1-0, 10e). Deux transversales, sur des tentatives de Vitorino Hilton et Mathieu Valbuena, privaient les Phocéens d'un avantage plus conséquent avant la pause. Un avantage que Mamadou Niang bonifiait en transformant, en force, un penalty (2-0) à l'heure de jeu, alors que Lorient se montrait plus entreprenant.
"Sur l'action, la faute est commise en-dehors de la surface de réparation", pestait après coup le coach lorientais Christian Gourcuff, selon lequel l'arbitre "Monsieur Chapron s'est trompé sur un fait de jeu. C'était déjà le cas à Nice. J'admets qu'il puisse y avoir des erreurs d'arbitrage. Mais il faut tout faire pour que cela ne se répète pas".
Niang aurait pu corser l'addition, mais sa réalisation de la 67è minute était annulée pour un hors jeu peu évident. "Cela ne fait qu'équilibrer les choses", dixit Gourcuff.
Mais le match basculait dans la dernière demi-heure, témoignant d'une fébrilité marseillaise.
Amalfitano, d'une frappe de loin (1-2, 77), Abriel, bénéficiant d'une erreur de la défense (2-2, 84) et Gameiro en profondeur (2-3, 87) offraient un succès inespéré aux Merlus, dans un Vélodrome médusé. "J'ai du mal à comprendre ce qui s'est passé ce soir. C'est incompréhensible", dira Gerets après le match....
