Bordeaux, bien mal payé de sa maîtrise du ballon lors du sommet de la Ligue 1 à Lyon (2-1), a été renvoyé à un manque de finition relatif, mais fatal, et à l'urgence de regagner du terrain avec un tableau de marche récent bien ordinaire (6 points en 4 matches).

+ Jouer n'est pas gagner
Les Girondins à Lyon ont évité les écueils qui les coulent parfois: manquer l'entame comme l'an passé à Gerland (2-4), regarder jouer l'adversaire comme à Chelsea (0-4), pêcher dans l'agressivité comme à Lille (1-2). Mais s'ils ont lutté, construit et tenu la balle, cela n'a pas suffi. De plus en plus d'adversaires décident de laisser le ballon à un Bordeaux joueur. Beaucoup le paient. Pas Lyon, qui ne l'avait pas vraiment choisi, du moins jusqu'à 2-0. "Nous avons fait le match qu'il fallait", maintenait dimanche soir un Laurent Blanc songeur: "A part dire aux joueurs que seul le résultat compte, que dire après une telle défaite ?" Peut-être qu'il y a de l'espoir dans le fait que Bordeaux, bousculant l'OL comme jamais, a encore réduit son écart avec le champion. Sauf au classement.

+ Cavenaghi, le dilemme
Le dispositif privilégié par Blanc pour la Ligue des champions, un 4-2-3-1 avec emprise sur l'entrejeu et l'indispensable Chamakh seul en pointe, a fait ses preuves en C1 (Cluj par deux fois, l'AS Rome pendant 60 minutes) ou contre de gros clients, comme à Gerland. Dans le jeu, du moins. Car le déclic, une nouvelle fois, est venu de Cavenaghi entré en jeu -son 8e but cette saison. Ce qui laisse Blanc face à un dilemme récurrent, avec ce schéma qui lui donne la maîtrise du jeu mais le prive d'un +tueur+, comme seul l'Argentin en a le profil dans le groupe. D'autant que Yoan Gouffran, titularisé 10 fois en L1, tarde à retrouver son efficacité caennaise (10 buts). A ouvrir son compteur, en fait.

+ Le temps, et Lyon, filent
Quatorze journées déjà, et le septuple champion déjà envolé à 9 points. Bordeaux n'est pas à la rue, loin s'en faut. Avec un point de plus, même, que l'an passé à même époque (25 contre 24) mais moins bien classé (6e contre 3e), et surtout un peu plus loin de l'OL (à 9 points, contre 6). "On a perdu quelques points mais pas trop, malgré un début chaotique", diagnostiquait Blanc avant Lyon. Trois points à Gerland n'entraient sans doute pas sur la feuille de route, mais "le problème maintenant est que l'OL s'échappe et que d'autres nous ont dépassés ou reviennent", constatait-il dimanche. Et les Girondins feraient bien d'oublier Lyon "et se focaliser sur les équipes qui nous précèdent ou suivent de près". Comme Rennes 3e, attendu à Chaban-Delmas samedi.

+ Le mois de tous les dangers
On oublie souvent ce que le suspense de la saison dernière, avec le titre encore en jeu à la dernière journée, doit à la 2e moitié de saison canon de Bordeaux (2,21 pts par match). Et au fait qu'à la trêve, l'OL était encore plus ou moins dans le viseur (à 6 pts devant). Le mois à venir sera décisif pour déterminer si les Girondins 2008-09 restent en course à l'An neuf, avec trois déplacements (Sochaux, Le Mans, Monaco) à venir en cinq matches. Et surtout deux chocs de Ligue des champions (Chelsea à Chaban, AS Rome à Rome) pompeurs d'énergie, d'autant que Bordeaux encore en lice ne pourra s'économiser. La C3 l'an dernier, terrain de turn over pour Blanc, était moins accaparante.