Grâce à sa victoire tout en volonté dimanche sur Nantes (2-1), la troisième d'affilée dans une série de sept matches sans défaite, Nice a su saisir sa chance mais ne s'enflamme pas, sans renier pour autant l'ambition que lui donne la 4e place de Ligue 1.
"On a montré aux équipes qui nous avaient doublés à la faveur des matches du samedi que nous supportions la pression et qu'il faudra compter sur nous", a lancé Olivier Echouafni.
Mais le capitaine des Aiglons et ses partenaires refusent de perdre de vue la réalité et de s'embraser prématurément, au risque de se brûler les ailes, comme cela avait été le cas l'an passé (4e entre la 21e et 24e journée pour une 8e place au final).
"Il faut trouver le juste milieu entre +croire en nous+ et +ne pas s'enflammer+", plaide encore le milieu Emerse Faé, tandis que le gardien Lionel Létizi apprécie: "Pour l'instant, nous avons le vent dans le dos, profitons-en! Cette 4e place, c'est le travail du coach et des joueurs au quotidien."
Ce joli parcours niçois est aussi le fruit d'un recrutement judicieux et d'un cocktail réussi d'anciens, de jeunes pousses et de joueurs en quête de relance qui a permis de surmonter le départ estival de cinq titulaires (Ederson, Lloris, Balmont, Koné, Laslandes).
L'OGC Nice n'a pas ce grand stade -et ne l'aura pas avant 2013- qui lui assurerait 20 millions d'euros de recettes supplémentaires, selon Gilbert Stellardo, l'un des deux actionnaires majoritaires, mais il a de bonnes idées.
"Politique cohérente"
"Avec nos moyens, nous avons une politique sportive cohérente. Nous ne nous sommes pas trompés dans le recrutement avec Maurice Cohen et avec Roger Ricort" (le président et le directeur sportif)", souligne l'entraîneur Frédéric Antonetti qui regrette cependant de ne pas avoir vu grandir sa promotion 2007-2008, mais ne rechigne pas à "la reconstruction".
Si le classement actuel est à ses yeux "anecdotique, on peut très bien être 8e samedi soir. Sept équipes nous sont potentiellement supérieures", l'entraîneur niçois savoure cependant "le crédit et la confiance" qu'il accorde à sa formation "boostée par ses résultats".
"Nous avons eu un peu de réussite sur certains matches. Mais le groupe est en progrès et peut continuer à travailler dans la sérénité. Il est au début d'un nouveau cycle. Après avoir beaucoup souffert au début du Championnat, en raison de blessures, d'arrivées tardives ou des JO, on a retrouvé une solidité défensive", analyse encore le technicien corse.
"Il est difficile de nous marquer un but dans le jeu. Nos anciens carburent au super. Quand je regarde encore la partie de Cyril Rool devant Nantes, je m'étonne qu'il ne joue pas la Ligue des champions. Et nos attaquants s'affirment", conclut-il.
Le tout-Nice redoutait l'absence de Loïc Rémy (6 buts) sur blessure à la cheville, "notre faiseur de miracles en début de saison" dixit Cédric Kanté. Le GYM a pourtant trouvé la parade avec Habib Bamogo (4 buts) et Eric Mouloungui (3) qui ont assumé discrètement une adaptation laborieuse avant de s'affirmer avec éclats.
Qualifié en quart de finale de la Coupe de la Ligue (contre Le Havre), bien dans son tableau de marche avec 25 points au compteur (5 de plus que l'an dernier) pour un objectif fixé entre 26 et 30 à la trêve, Nice ne demande qu'à surfer sur la vague.
