Comblé et rayonnant à Bordeaux (L1) où l'entraîneur Laurent Blanc l'a imposé comme sentinelle de son milieu et en a fait son capitaine intérimaire, Alou Diarra prolonge son épanouissement avec les Bleus, grâce à des prestations plus nombreuses et remarquées.

Finalement, le bleu ne lui va pas si mal. En choisissant de poser ses valises en Gironde à l'été 2007 après une année lyonnaise plutôt délicate, Diarra, 27 ans, a retrouvé le plaisir sous la tunique marine et la confiance sous les ordres de Blanc qui en avait fait sa priorité de recrutement, et mis fin à un parcours atypique (8 clubs en 9 ans) qui l'a endurci.

Ce parcours "forge un mental, on apprend beaucoup, ce sont des cultures différentes", explique celui qui est passé par Louhans-Cuiseaux, le Bayern Munich, Bastia ou encore Liverpool.

"A chaque expérience, j'ai beaucoup appris et aujourd'hui, cela se concrétise sur le terrain. Toutes ces expériences m'ont appris à me canaliser, à être plus efficace, plus concentré", ajoute-t-il.

Tel un phare, l'international aux 18 sélections, du haut de son 1,90 m, est devenu le véritable patron du milieu bordelais au côté du Brésilien Fernando, l'homme fort d'une équipe ambitieuse.

"J'ai trouvé un club où je m'épanouis, où je me sens bien dans un groupe. J'ai trouvé ma place", résume-t-il.

Compétiteur indéboulonnable (16 matches cette saison), véritable pieuvre du rond central, le natif de Villepinte s'est même vu confier il y a peu le brassard de capitaine après la blessure d'Ulrich Ramé. Un honneur après seulement un an de présence au club, la reconnaissance d'une aura sur le terrain mais aussi dans les vestiaires.

"C'est une confiance qu'on m'accorde, j'essaye de le rendre sur le terrain à chaque match", reconnaît-il.

"Mais mon rôle ne change pas plus qu'avant. Je parlais déjà beaucoup avant, je ne change pas mes habitudes", poursuit-il en riant.

Témoin de cette emprise, une discussion-recadrage en plein match, début octobre à Lorient (2-1), avec Fernando: cinq minutes plus tard, le Brésilien signait un doublé. "J'ai aussi plus d'expérience, c'est essentiel. Quand le groupe va bien, c'est que je vais bien aussi".

Pourtant, ses prestations girondines de haut niveau ne lui ont jamais permis de modifier la hiérarchie chez les Bleus. Malgré sa bonne entrée en jeu en finale de Coupe du monde 2006, les blessures à répétition de Vieira et la retraite de Makelele, il reste le troisième choix de Domenech pour le poste de milieu défensif.

Seulement, la blessure cet automne de son homonyme Lassana Diarra a légèrement modifié la donne. Alou Diarra a su saisir sa chance (Roumanie, Tunisie, seconde mi-temps de l'Uruguay), pour reformer avec le Lyonnais Jérémy Toulalan la paire d'avenir des Bleus.

"Ce sera au sélectionneur de juger ça, coupe Diarra. Moi, j'essaie juste de donner le maximum et de montrer que je mérite ma place quand je suis sur le terrain. Après, avec Jérémy, on se connaît depuis les Espoirs, on a souvent joué ensemble. C'est sûr qu'en sélection, on n'a pas été souvent aligné ensemble, mais au niveau des automatismes, il n'y a pas beaucoup de boulot à faire".