Andrei Voronin est un pur produit de la Bundesliga. De 1995 à 2000, l'international ukrainien fait ses classes au Borussia Mönchengladbach, sans toutefois réussir à crever l'écran. Après des passages plus réussis au FSV Mainz et au 1. FC Cologne, il rejoint le Bayer Leverkusen en 2004. Ses performances sous la célèbre tunique rouge et noir lui permettent d'attirer l'attention de Liverpool, avec lequel il s'engage en 2007.

Malheureusement, Voronin ne parviendra jamais à s'adapter au jeu très physique de la Premier League. Un an plus tard, le voici de retour en Allemagne. Cette fois, c'est le Hertha Berlin qui profite de ses talents de buteur. Justement, depuis le début de la saison, le club de la capitale joue de nouveau les premiers rôles en championnat...

Mais l'enfant d'Odessa n'en oublie pas pour autant l'équipe nationale. Aux côtés de joueurs comme Andrei Shevchenko (AC Milan) et Anatoliy Tymoschuk (Zénith St. Petersbourg), il compte bien tout faire pour que l'Ukraine obtienne son billet pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010.

FIFA.com s'est entretenu en exclusivité avec l'attaquant international.

Mönchengladbach, Cologne, Mainz, Leverkusen et maintenant Berlin. Vous commencez à connaître la Bundesliga sur le bout des doigts. Quels sont vos meilleurs souvenirs ?  
Je me souviens toujours avec émotion de tous les clubs dans lesquels j'ai joué. J'ai connu davantage de réussite au Bayer Leverkusen, mais je ne garde que de bons souvenirs de mes autres expériences. De toute façon, j'ai toujours donné le meilleur de moi-même, partout où je suis passé.

Vous êtes toujours sous contrat avec Liverpool, alors pourquoi avez-vous souhaité revenir en Allemagne ?
Les dirigeants du club m'ont clairement fait savoir qu'avec l'arrivée de Robbie Keane, je n'avais plus vraiment ma place. Avec des joueurs comme Keane, Torres, Kuyt et Babel, la concurrence était devenue trop forte. Je ne voulais pas rester un an sans jouer. Aussi, quand le Hertha s'est manifesté, je n'ai pas hésité une seconde.

Vous devriez revenir à Liverpool à la fin de la saison. A moins que vous n'envisagiez de prolonger votre séjour à Berlin ?
Ce serait formidable. J'aime beaucoup cette ville et le Hertha est un club très professionnel. Je suis ouvert à toute proposition que les dirigeants pourraient me faire.

Votre contrat avec les Reds court jusqu'en 2011. Vous aurez alors 32 ans. Y a-t-il un club en particulier pour lequel vous aimeriez jouer ?
En football tout peut arriver. Mais, lorsque je me penche sur mon passé, je crois pouvoir dire que j'ai fait une bonne carrière. En venant à Liverpool, j'ai eu l'occasion de jouer pour l'un des meilleurs clubs de Premier League, un championnat que beaucoup s'accordent à considérer comme le plus difficile au monde. Cependant, si j'avais le choix, j'aimerais beaucoup porter les couleurs du FC Barcelone.

Hoffenheim en Allemagne, Hull en Angleterre... cette saison, deux promus se sont invités à la table des grands. Etes-vous surpris de voir de "petits" clubs jouer ainsi les trouble-fêtes ?
Quand on s'intéresse de près aux investissements réalisés par Hoffenheim et à la philosophie du club en général, ce succès n'a rien d'étonnant. Nous avons déjà joué contre cette équipe cette saison et je peux vous dire qu'elle compte beaucoup de très bons joueurs. Je ne peux pas vous dire grand-chose de Hull, car je suis cela de plus loin, mais chaque saison, il y a toujours des surprises dans tous les championnats.

Vous avez connu la Premier League et la Bundesliga. Selon vous, quel est le meilleur championnat ?
On dit que la Premier League est le championnat le plus relevé en Europe. Toutes les équipes jouent sur un rythme très élevé et tout va beaucoup plus vite qu'ailleurs. Pourtant, je pense que la Bundesliga n'a pas à rougir de la comparaison. En tout cas, moi, je suis très content de pouvoir goûter à nouveau à ce championnat.

Parlons un peu de l'équipe d'Ukraine. Votre sélection occupe actuellement la troisième place de son groupe derrière l'Angleterre et la Croatie. Pourtant, vous êtes toujours invaincus. Quelles sont les chances de l'Ukraine d'être du voyage en Afrique du Sud ?
Evidemment, nous comptons bien être présents en 2010. Pour le moment, nous avons un match de moins que nos rivaux. Avec un peu de chance, cela pourrait nous faire trois points supplémentaires. De toute façon, nous nous battrons jusqu'à la dernière minute pour nous qualifier.

En 2006, l'Ukraine avait atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde de la FIFA en Allemagne. Pourtant, vous n'avez pas réussi à vous qualifier pour l'Euro 2008 en Autriche et en Suisse. Comment expliquer cet échec ?
Nous sommes tombés dans un groupe très difficile dans les éliminatoires de l'Euro. Il y avait l'Italie et la France, les deux finalistes d'Allemagne 2006, et l'Ecosse. C'était vraiment une poule très relevée. Nous n'avions pratiquement aucune chance de nous qualifier.

Quel est le véritable niveau de l'Ukraine ?
Pour le moment, c'est difficile à dire. Il y a actuellement beaucoup de jeunes dans cette sélection. Une nouvelle génération est en train de prendre le pouvoir. Je pense que ce groupe a un bel avenir devant lui, mais il lui faut encore un peu de temps pour se construire.

Votre bilan en équipe nationale s'établit à 4 buts en 47 sélections. Cela peut sembler surprenant, d'autant que vous marquez régulièrement en club. Comment expliquez-vous votre manque de réussite en équipe nationale ?
En fait, je suis souvent aligné en milieu de terrain avec l'équipe d'Ukraine, ce qui m'oblige à effectuer un gros travail défensif. Nous avons déjà essayé plusieurs système mais, effectivement, vous avez raison : je devrais être plus incisif en sélection.

Pour finir, revenons à la Bundesliga. D'après vous, que peut espérer le Hertha cette saison et qui va finir champion d'Allemagne ?
Nous allons tenter de nous qualifier pour une Coupe d'Europe, mais nous ne sommes pas les seuls à avoir de l'ambition et d'autres clubs ont réalisé des investissements très importants à l'intersaison. Au-delà, je pense qu'il n'y a que quatre ou cinq équipes qui peuvent vraiment lutter pour le titre. Je pense que cela se jouera entre le Bayern, Schalke 04, le Bayer Leverkusen, le Werder Brême et peut-être Hambourg.