Retombé dans l'anonymat en août aussi soudainement qu'il en avait été tiré la saison passée en raison des choix tactiques défavorables de son entraîneur, Rémi Gomis, auteur d'un doublé à Sochaux, est l'un des derniers rescapés de l'épidémie qui frappe les milieux de Caen (L1).
A 24 ans, le franco-sénégalais fait même office de dernier des Mohicans dans l'effectif puisque les blessures ont mis sur le flanc ses coéquipiers de l'entrejeu Ben Khalfallah, Eluchans, Deroin et Leca, obligeant Franck Dumas a modifier son schéma de jeu.
Gomis, à qui personne n'avait trouvé de place dans le 4-1-4-1 estival, est donc devenu la pierre angulaire du 4-3-2-1 et n'a pas manqué de remercier ses dirigeants de leur nouvelle confiance à l'occasion d'un doublé aussi apprécié qu'inattendu à Sochaux (2-2).
Une qualité que le natif de Versailles, auteur seulement l'an passé de son 1er but en L1 contre Bordeaux malgré un passé d'attaquant chez les jeunes, ne se connaissait pas à ce niveau.
"On me demande de venir soutenir les attaquants, j'ai bien fait de le faire", sourit le milieu défensif normand, qui a aussi découvert cette saison la sélection sénégalaise.
"Il connaît son boulot mais c'est vrai qu'on ne lui a jamais refusé de marquer des buts", rigole encore Jean-François Fortin, son président. "Sa prestation à Sochaux est à retenir, mais c'est surtout l'an passé à Toulouse, en coupe, qu'il avait crevé l'écran".
C'est d'ailleurs ce match qui avait lancé l'aventure caennaise du jeune homme habitué à prendre son temps, à l'image des séances d'entraînement qu'il est toujours le dernier à quitter, au ralenti.
Car jusque-là, le jeune homme discret, arrivé quelques mois auparavant de Laval où il avait débuté en L2 à 18 ans, n'était qu'un joueur appelé à faire le nombre, auquel Caen n'avait accordé qu'une année de contrat.
Concentration
Mais dans la lancée de sa prestation toulousaine, Gomis n'a plus quitté le groupe, ses 20 titularisations en L1 lui valant même trois années supplémentaires de contrat.
"C'est un gros travailleur", admire Fahid Ben Khalfallah, son ancien coéquipier à Laval. C'est également un sage, qui n'avait pas hésité, malgré la descente en National en 2006, à rester dans la Mayenne.
"Finalement, rester un an de plus là-bas m'a aidé, j'ai pris de la maturité. Des responsabilités aussi", approuve-t-il.
Malgré la reprise hésitante cet été, Gomis, contrairement aux habitudes du milieu et à son homonyme stéphanois, n'a pourtant jamais haussé le ton.
"Il s'est tu, il a bossé, ça a payé", apprécie M. Fortin qui sait que son club n'a pas pléthore de joueurs du même profil athlétique que lui.
"Par moments dans un match je n'y suis pas, je fais un bon truc puis je regarde, ce qui fait que je prends un temps de retard, s'auto-analyse encore le joueur. Je dois progresser sur la concentration".
Un match catastrophe au Mans, à l'image du reste de son équipe, lui avait d'ailleurs valu un sévère recadrage de son entraîneur.
"Il peut être un peu dilettante, tempère encore son président. Il a parfois besoin d'être recadré mais après il redémarre".
