Sorti du banc depuis trois matches par Eric Gerets qui loue de longue date ses qualités tactiques, Boudewijn Zenden, le milieu néerlandais de Marseille, qui accueille Nancy dimanche, vit une fin d'automne conforme à ses ambitions, souvent contrariées depuis son arrivée à l'OM à l'été 2007.
Titulaire devant Nice lors de la 17e journée, "Bolo" Zenden a enchaîné face à l'Atletico Madrid en Ligue des champions et à Lyon dimanche. Il fallait remonter au 29 octobre et le déplacement à Nantes pour trouver trace d'une place dans le onze de départ, qui rouvrait une longue parenthèse fermée depuis... le 23 août, où son coup-franc avait donné la victoire marseillaise au Havre.
Jusqu'à ces trois dernières rencontres, l'ancien international néerlandais se contentait donc, au mieux, de bouts de matches, à l'image de la saison dernière.
Il n'est pas acquis qu'il débute la rencontre dimanche au Vélodrome contre Nancy. Benoît Cheyrou, à qui il a de fait chipé sa place, ne va pas rester éternellement en salle d'attente. "Le coach fait ses choix, on est là pour les respecter", s'est contenté de déclarer Cheyrou vendredi.
Mais force est de constater que l'OM reste sur trois matches sans défaite avec Zenden titulaire. Pas forcément un hasard: par son sens du placement, l'ancien de Liverpool et de Barcelone a joué en plusieurs occasions les "bouche-trous" sur le terrain, comme il le dit lui-même, coupant les trajectoires ou démontrant un vrai sens du repli défensif.
Connexion entre les lignes
"C'est peut-être le fruit de l'école néerlandaise, où on travaille beaucoup tactiquement", dit-il, en écho finalement aux propos de Gerets, qui répète qu'il est, de tout son effectif, "celui qui est le plus intelligent tactiquement".
Zenden ne fait pourtant pas que défendre. Même s'il doit sans doute son retour aux consignes plus franches de Gerets dans ce domaine, douché par l'incroyable défaillance de ses troupes lors de la défaite au Vélodrome devant Lorient dans un scénario improbable (3-2).
Appelé à occuper régulièrement le milieu et non plus seulement cantonné côté gauche, Zenden, 32 ans, pèse aussi plus dans l'organisation offensive. "Je fais un travail de connexion entre les lignes et je peux plus communiquer avec les autres joueurs. Mais ce poste n'est pas nouveau pour moi. A Liverpool ou Middlesbrough, j'évoluais ainsi", explique le Néerlandais, qui a fait apprécier son jeu de passes, sa capacité à jouer à proximité de la surface et sa frappe, un des maillons faibles récurrents du milieu marseillais.
A se demander pourquoi il n'a pas plus joué jusqu'à présent... Il ne cesse pourtant d'affirmer qu'il n'a rien changé à son jeu et à son investissement à l'entraînement: "j'ai l'impression de faire toujours la même chose", dit-il un peu étonné, mais sans nier que son sort précédent ne le réjouissait guère. Car "c'est enfoncer les portes ouvertes que de dire que je n'étais pas heureux de mon temps de jeu".
Personne, au club, ne reniera en effet son professionnalisme. Cela ne signifie pas une place de titulaire garantie toute la saison, qu'il entend bien finir à l'OM. "De faux propos ont été prêtés à mon père, qui aurait affirmé que je pourrais quitter l'OM au mercato d'hiver. Il n'en est rien, mon père n'a parlé à personne et je reste ici", lance-t-il.
