Yoann Gourcuff, à la fois chef d'orchestre et soliste d'une démonstration de Bordeaux contre Paris SG 4-0, estime que les Girondins ont peut-être livré leur meilleur premier acte de la saison, mais rappelle que même avec Lyon dans le viseur à un point, celle-ci est encore longue.
Avant tout, parlez-nous de votre but de soliste, peu banal ?
C'est une situation un peu compliquée: je suis aux abords de la surface, il y a du monde, je suis dos au jeu, il y a le défenseur qui est là. Donc, il faut que je fasse quelque chose de rapide pour le déstabiliser. C'est un peu de l'instinct. J'arrive à me mettre face au jeu, le défenseur fait un petit pas sur la gauche, et moi un double contact pour rentrer. C'est surtout la vitesse d'exécution qui fait la différence. Après, je ne me pose pas trop de questions à la sortie du dribble, le ballon arrive dans ma course, je ne le pousse pas bien, donc je suis obligé d'enchaîner, j'ai donc utilisé le pointu. Je me suis inspiré un peu de Fernando qui, à l'entraînement ou en match à Lorient, marque souvent, a un très bon pointu (sourire).
C'est un résultat qui marque les esprits. Une très bonne prestation de Bordeaux, à votre avis ?
En première mi-temps, on a vraiment bien joué, offensivement comme défensivement, on a réussi à prendre du plaisir, et aussi être efficaces car on marque deux buts. Il y a eu des séquences très, très intéressantes, à une ou deux touches de balles, du mouvement autour du porteur de balle. Sans doute une des meilleures qu'on ait pu faire cette saison, avec peut-être la première mi-temps qu'on avait faite contre l'AS Rome (1-3 en C1).
Et par-dessus tout, vous revenez mettre une terrible pression sur l'OL...
C'est bien de se rapprocher de Lyon, mais on commence tout juste la phase retour, il y a encore beaucoup de matches, les Coupes de la Ligue, de l'UEFA... Mais si on arrive à avoir la même constance, la même concentration lors des autres matches de championnat, c'est vrai qu'on peut faire mal. Mais en première partie de saison, malgré un bon bilan comptable, on a eu parfois des manques de concentration, contre de plus petites équipes, qui arrivent souvent à se procurer des occasions contre Bordeaux. Même Paris, ce soir, a eu des situations intéressantes, très dangereuses. Il faut travailler là-dessus. Essayer de trouver cet équilibre entre animation offensive et animation défensive. Ce soir, cela s'est bien passé.
