Si l'affaire de la banderole anti-Ch'tis va forcément parasiter les retrouvailles entre le Paris SG (L1) et Lens (L2) mercredi, ce quart de finale de Coupe de la Ligue revêt aussi un enjeu commun pour deux équipes désireuses de cicatriser des plaies sportives.
Difficile d'éviter les reliquats de l'affaire. Le feuilleton avait passionné la France entière: déflagration médiatique, dissolution des Boulogne Boys, réintégration du Paris SG par la justice vécue comme un camouflet à la FFF qui voulait l'exclure de la compétition...
La meilleure suite possible après cette finale sulfureuse était toute trouvée avec ces retrouvailles qui devraient permettre de clore l'histoire.
Le directeur sportif de lens, Daniel Leclercq, n'a pas pris de gants en estimant lundi sur RMC que Lens allait à Paris "pour régler ses comptes avec les Parisiens", faisant référence à la fois à la défaite en finale, et à cette fameuse affaire.
Stigmates
Même si les autres dirigeants ont pris de la hauteur par rapport à cette histoire, le ressentiment subsiste. L'entraîneur parisien Paul Le Guen s'est dit quelque peu "étonné" de cette déclaration, tout en appelant au "respect" entre les deux équipes.
Mais les supporteurs parisiens auront peut-être envie de faire passer un nouveau message aux supporteurs lensois.
Sur le plan sportif, les deux équipes se retrouvent liées par un objectif commun: tenter d'effacer des lourdes défaites récentes.
Celle du Paris SG, dimanche, a sans doute plus marqué les esprits, tant par l'ampleur du score face à Bordeaux (4-0) que par la prestation et le but +Zidanesque+ de Gourcuff. Paris, toujours 6e de L1, est tombé de haut après une première partie de saison qui avait rimé avec ambition.
Pour Le Guen, l'enchaînement est plutôt bénéfique. "Ce n'est pas plus mal d'enchaîner tout de suite après Bordeaux", assure-t-il, ajoutant que s'il sent son équipe "meurtrie" après la claque bordelaise, il la croit capable de "réagir".
Lens, toujours en tête de la L2, a aussi en travers de la gorge sa défaite le 8 janvier face à Boulogne-sur-Mer (3-1) dans un derby nordiste qui a tourné au fiasco pour les Sang et Or.
"Sochaux est plus important"
"On a fait un débriefing dans les vestiaires. Il y a des choses qui se sont dites", a tout juste consenti à raconter l'entraîneur lensois Jean-Guy Wallemme. Lens, malgré sa domination en L2, est donc encore fragile. Le Paris SG aussi.
C'est sans doute pour cela que le Guen a tenu à dédramatiser cette rencontre, assurant que, malgré le contexte, ce match n'était pas le plus important de la semaine.
"S'il fallait dégager une hiérarchie, je dis que c'est le match contre Sochaux qui est le plus important car c'est le Championnat. Après, c'est un quart de finale et on a envie de conserver notre titre", a-t-il expliqué.
Signe d'une nervosité naissante? En tout cas, l'entraîneur parisien a refusé de dire s'il allait faire tourner son effectif comme il en a pris l'habitude en Coupes.
Lens, qui ne part pas favori, a donc tout à gagner dans cette confrontation. Et les Girondins leur ont montré la voie. "On ne se compare pas à Bordeaux, assure Jean-Guy Wallemme. On n'a pas les mêmes joueurs, la même prétention mais il faudra se rapprocher de cette excellence dans l'intensité, le pressing physique." Il leur manquera tout de même un certain Gourcuff...
