Marseille a rempli sa mission avec sérieux sans trembler samedi au Vélodrome (2-0) lors de la 21e journée devant Le Havre, globalement inoffensif et plus que jamais mal embarqué dans son opération maintien, redressant la barre au classement à l'issue d'une semaine agitée en coulisses.
La passe d'armes médiatique entre l'actionnaire du club Robert Louis-Dreyfus et le président Pape Diouf avait entretenu un climat étrange voire pesant autour du club. Le premier avait reproché au second l'absence de résultats et une politique de recrutement pas toujours avisée.
Le coach marseillais Eric Gerets, tout en se déclarant "désagréablement surpris" par la sortie de "RLD", qui ne l'épargnait pas non plus, s'en était sorti par l'humour: "comme lui, nous voulons terminer dans les deux premiers. Si tel était le cas, nous pourrions fumer un bon cigare tous les deux en fin de saison".
Gerets a nié que cette affaire ait pu perturber la préparation du match: "ce truc est complètement oublié depuis trois jours. C'est tellement sans importance pour les joueurs et moi!", a-t-il lancé.
Pas sûr pourtant, au vu de la première mi-temps, que Gerets et "RLD" honorent pareil rendez-vous de bons vivants... "On aurait pu gagner 3 ou 4-0", a d'ailleurs reconnu le coach marseillais.
Inefficacité offensive
Car
si l'OM avait en effet la main sur le match, l'efficacité offensive,
talon d'Achille depuis de nombreuses semaines, faisait encore défaut.
Ce n'était pas faute d'essayer: Samassa multipliait les appels et les
remises, Valbuena, en pointe avec Samassa, harcelait la défense
normande et Zenden aimait à jouer dans la surface.
Mais seul Valbuena trouvait finalement la faille, lancé magnifiquement côté droit par Cheyrou à la récupération (1-0, 25). Zenden, seul face à Revault, aurait pu corser l'affaire, mais son crochet était mal maîtrisé (33).
Pas chiens dans le pressing, les Normands n'avaient cependant fait trembler qu'une fois le Vélodrome sur un coup franc de Lesage (14). "Notre gros problème se situe dans la zone de finition", admettait après coup l'entraîneur normand Frédéric Hantz, insistant sur "le devoir d'espérer" de ses troupes.
Le stade avait aussi frissonné avant le coup d'envoi lors d'une minute de silence -- pour une fois respectée -- en hommage aux deux supporteurs de l'OM décédés lors du déplacement au Havre le 23 juillet.
L'OM, où Koné faisait son apparition, mettait plus de rythme après la pause. Et à l'exception d'un coup-franc vicieux de Noro (51), se rendait définitivement maître de l'espace, ratissant tous les ballons au milieu.
Au raté de Koné devant Revault (52) succédait une tête rageuse de Zubar sur un coup-franc de Ziani: longtemps tête de turc du Vélodrome, le défenseur central se précipitait dans les bras de Gerets (2-0, 59), qui lançait à 20 minutes de la fin Brandao, visiblement à court de rythme, puis Ben Arfa, sans grand succès.

