Samedi, le football du Golfe persique a vécu un moment historique. Au complexe sportif Sultan Qaboos de Muscat, le capitaine omanais Mohamed Rabia s'avance vers le point de penalty et bat tranquillement le gardien saoudien Waleed Abdullah.
Cette dernière action de la Coupe du Golfe 2009 va permettre aux locaux de s'imposer 6:5 aux tirs au but. Sous la houlette de Claude Le Roy, ils décrochent le titre régional pour la première fois de leur histoire.
Le premier sacre d'Oman sur la scène internationale a été accueilli avec une grande joie par le globe-trotter français, ainsi que par les milliers de supporters dans les tribunes et les rues de Muscat. Six mois à peine après sa prise de fonction, Le Roy, connu pour ses nombreuses expériences dans le football africain, a offert à sa nouvelle sélection un succès sans précédent.
"Quand je suis arrivé il y a six mois, j'étais bien décidé à faire gagner des titres à Oman", a déclaré Le Roy, qui a pris les rênes en juillet dernier, suite à l'échec omanais en éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. "Aujourd'hui, la sélection fait la fierté du pays. Le peuple omanais a vécu un grand moment".
Le Haut-Normand occupe actuellement son treizième poste d'entraîneur, le sixième à la tête d'une équipe nationale, lui qui compte 30 années bien remplies dans le métier.
Le Roy a déjà goûté à la gloire en menant le Cameroun à la victoire lors de la Coupe d'Afrique des nations 1988, mais ce titre porte en lui une saveur bien particulière. Il est en effet synonyme de premier succès des outsiders omanais sur leur sol. Ses protégés se sont montrés largement à la hauteur des attentes face au champion d'Asie irakien, étrillé en phase de groupes, puis face à la grande Arabie saoudite, terrassée en finale.
"Nous avons connu beaucoup de difficultés au début, mais nous avons continué de travailler dur. L'équipe mérite son titre", a analysé Le Roy.
Deux
hommes forts
Avant de monter sur la plus haute marche, Oman avait déjà effleuré la gloire à
deux reprises puisqu'il avait atteint la finale des éditions 2004 (Qatar) et
2007 (EAU) de la Coupe du Golfe. A chaque fois, il avait échoué sur la dernière
haie face au pays organisateur. En 2004, les Omanais s'étaient inclinés aux
tirs au but face au Qatar et trois ans plus tard, c'est un but en fin de
rencontre du génie émirati Ismail Matar qui les avaient condamnés à la deuxième
place.
Cette année, la recette du succès comportait deux ingrédients-clés : le prolifique milieu de terrain Hassan Rabia et le gardien Ali Al Habsi, dont la réputation est désormais établie. Rabia aura été la grande révélation omanaise dans cette compétition. Aujourd'hui âgé de 24 ans, il a fait ses débuts internationaux avec Milan Macala, mais c'est bien Le Roy qui a su tirer la quintessence de son talent en l'alignant régulièrement dans le onze de départ.
Le jeune homme n'a pas mis longtemps à conforter le technicien français dans ses choix. Muet lors de la première sortie, soldée par un nul vierge face au Koweït, Rabia est monté au créneau lors du deuxième match face à l'Irak, inscrivant un triplé lors d'un mémorable succès 4:0 face aux champions d'Asie.
Si Rabia s'est montré décisif aux avant-postes, Al Habsi l'a été tout autant dans ses cages puisqu'il n'a pas encaissé le moindre but de toute la campagne. A 28 ans, le portier, qui en est à sa quatrième saison à Bolton, s'est montré particulièrement impressionnant en demi-finales contre le Qatar. Après l'ouverture du score de Rabia en début de rencontre, le Wanderer a sorti une série d'interventions capitales qui ont contribué à la victoire des siens et lui ont valu le titre de Meilleur gardien du tournoi.
S'il ne disputera pas le dernier tour des éliminatoires mondialistes, Oman est aujourd'hui entre des mains expérimentées. Ajoutez à cela les pépites que sont Al Habsi et Rabia, et vous obtenez une sélection apte à relever les défis à venir avec confiance.
