Porter ses sous-vêtements à l'envers, recourir à l'astrologie ou entrer sur le terrain toujours du même pied : la planète football abonde en rituels censés assurer le succès. Mais ces dernières années ont révélé un gri-gri infaillible pour rafler des titres : l'entraîneur argentin Américo Gallego, qui a pulvérisé les records en menant toutes les équipes qu'il a dirigées à la victoire. Aujourd'hui, il officie à Toluca, où il a remporté la Coupe des Champions le 30 juillet dernier.

Bien que friand de superstitions lui aussi, c'est au travail et au dévouement qu'el Tolo, comme on le surnomme, doit ses succès. Depuis ses débuts dans le métier aux côtés de Daniel Passarella en 1990, jusqu'à ses actuelles performances en solo dans le football mexicain, l'ex-champion du monde 1978 s'est forgé une réputation prestigieuse. "Le secret, c'est le travail", explique-t-il.

Né pour gagner
Le parcours de cet Argentin de 51 ans a de quoi faire pâlir d'envie ses collègues : six titres conquis avec quatre équipes différentes ! Sans parler de son passage comme assistant de Passarella auprès de la sélection argentine, quart de finaliste lors de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998.

El Tolo n'a pourtant pas toujours fait l'unanimité, son caractère bien trempé et son franc-parler lui ayant souvent attiré les critiques. Il a donc fait ses premières armes en 1990, comme assistant de Passarella, alors aux commandes de River Plate. Il y restera quatre ans, jusqu'à ce que le départ de son ami, appelé à la tête de la sélection, lui permette de faire ses preuves en tant que technicien principal. "Ils vont voir de quoi el Tolo est capable", affirme alors el Gran Capitán. Aussitôt dit, aussitôt fait : sous la houlette de Gallego, River Plate s'adjuge le championnat et bat un record au passage. Pour la première fois dans l'histoire de l'épreuve, le vainqueur est invaincu au terme de la saison.

Gallego vivra ensuite une Coupe du Monde de la FIFA, puis décrochera un nouveau titre avec River (2000), et continuera à engranger les victoires avec Independiente (2002) et Newell's Old Boys (2004). Ses brillants états de service lui ouvrent les portes du football mexicain.

Le Dieu Tolo
Proche du District fédéral, la ville de Toluca doit son nom au mont Toloche, dérivé de "Tolocan", qui signifie "là où réside le Dieu Tolo". Et il a beau rire de ces coïncidences, c'est bien là qu'il choisit d'aller moissonner de nouveaux succès.

A son arrivée, son travail est suivi de près, et son manque d'expérience du milieu, conjugué au parti pris contre le jeu défensif, lui vaut d'être sommairement condamné. Pourtant, les résultats lui donnent raison. "On ne donnait pas cher de nos chances. La presse et les supporters m'ont fait passer sept mois d'enfer. Mais nous avons réussi à réveiller le géant qui sommeillait en Toluca", commente-t-il aujourd'hui avec le sourire de l'homme qui, droit dans ses bottes, gagne à tous les coups.

Avec les Diablos Rojos, Gallego s'est emparé du tournoi d'ouverture 2005 et de la Coupe des Champions face au Pachuca, en cueillant au passage le Ballon d'or du meilleur directeur technique de la saison. Mais il ne s'en satisfait pas : "Ce n'est qu'un début. Nous avons bien l'intention de remporter le tournoi de clôture. Est-ce que je suis déçu de ne pas avoir été nommé à la tête de la sélection argentine ? Non, je suis encore jeune. Et s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que je la dirigerai un jour". Le fait est qu'avec un tel palmarès, on ne saurait imaginer de meilleur postulant.