Toujours à la recherche du rythme de la compétition et manquant d'impact physique, Patrick Vieira a effectué un retour tout en douceur et sans relief en équipe de France, battue par le Nigeria (1-0) en amical, mardi à Saint-Etienne.
Raymond Domenech pourra se consoler en se disant que son joueur a terminé la partie indemne et sans blessure. Mais le sélectionneur ne doit pas forcément être rassuré sur l'état de son capitaine, qui retrouvait les Bleus pour la première fois depuis novembre 2008 (0-0 contre l'Uruguay) et voulait en finir avec près de trois ans de malheurs et de pépins physiques en pagaille.
Pas sûr non plus que Jose Mourinho change d'avis après la prestation de Vieira contre les Nigérians, lui qui a confiné le Français dans un statut de remplaçant à l'Inter Milan cette saison.
Le Français avait plusieurs objectifs au cours de cette soirée stéphanoise: retrouver sa place et son brassard de capitaine en bleu mais aussi s'offrir une publicité grandeur nature, alors qu'il doit regagner du crédit auprès du technicien portugais ou se trouver un nouveau club.
Si sa première intervention, dès la 1ère minute de jeu sur Kalu Uche, a fait illusion, Vieira a ensuite disputé le match à un train de sénateur. Placé légèrement devant Alou Diarra, son compère au poste de milieu défensif en première période, et laissant au Bordelais la sale besogne de la récupération, Vieira s'est contenté de jouer simple dans un rôle de relayeur. Une incongruité pour ce joueur qui faisait, dans le passé, régner la terreur au milieu.
A l'économie
A l'évidence, cet exercice 2008-09 passé en grande partie sur le banc de l'Inter Milan (19 petits matches disputés en championnat dont seulement dix en tant que titulaire) continue de le handicaper sérieusement. Mais cet amical de fin de saison sans enjeu contre des Nigérians, 30e au classement de la Fédération internationale (Fifa), était justement l'occasion idéale pour reprendre des marques et de la confiance. La mission est ratée.
Il est loin le temps où +le Long+ usait ses grands compas pour venir détruire une action adverse et être à la base des contre-attaques. Le nouveau Vieira joue à l'économie et manque cruellement de puissance physique, ce qui faisait naguère sa force.
Sa technique n'a pas disparu mais le capitaine bleu n'arrive plus à imprimer son empreinte sur un match comme il l'avait fait lors du Mondial-2006 où il était à la fois récupérateur, meneur, passeur et même buteur (2).
Certes, sa complémentarité avec Diarra, pas au mieux deux jours après les festivités du sacre girondin, n'a pas sauté aux yeux. Les deux joueurs, de taille presque équivalente (1,92m pour Vieira, 1,90m pour Diarra), possèdent il est vrai pratiquement le même profil. Mais la sortie de Diarra et la rentrée de Toulalan à la pause n'ont pas bouleversé la donne, prouvant que le mal était bien plus profond.
Vieira, à la recherche de temps de jeu, va être servi avec un deuxième rendez-vous amical dès vendredi contre la Turquie à Lyon. Il devra absolument dissiper des inquiétudes qui restent en l'état après ce retour manqué.
