"A nous d'avoir l'attitude et la performance pour que les gens n'aient pas à réagir", a expliqué jeudi le sélectionneur de l'équipe de France Raymond Domenech, interrogé sur la manière d'éviter de nouveaux sifflets vendredi contre la Turquie en amical à Lyon.

Les Bleus ont récolté sifflets et bronca durant pratiquement tout l'amical mardi contre le Nigeria à Saint-Etienne (défaite 1-0).

Avec le recul, que pensez-vous des sifflets de mardi ?
Comme je l'ai dit, pour moi ce n'est pas le fait du match, le fait du match c'est notre prestation, le reste est la conséquence de notre prestation, à nous d'avoir l'attitude et la performance pour que les gens n'aient pas à réagir.

Et les sifflets anti-Lyonnais ?
C'est une forme de racisme, car on n'est pas du club (Saint-Etienne), alors on les siffle... Je ne digérerai jamais ça, comme je ne digérerai jamais les autres formes de racisme. Le reste (des sifflets) n'est pas illogique (en raison de la défaite) mais les sifflets dès l'entrée sur le terrain de Karim Benzema et Sidney Govou, je ne les digérerai jamais, c'est aberrant, et ça restera.

Craignez-vous l'accueil de Gerland vendredi ?
Ca dépendra de la manière dont on évolue dans le match, on sera soutenu ou moins en fonction de ça. Je pense que les Turcs vont s'occuper de leur équipe.

Etre plus ou moins soutenu, vous l'acceptez ?
C'est comme ça, on fait avec. Une équipe qui est bien fait ce qu'elle a à faire sans tenir compte de ce qui se passe autour: ça, c'est le sommet. Ceux qui se laissent parasiter, qui ne sont pas dans le match complètement, il leur manque une donnée.

Karim Benzema a été dans ce cas ?
Karim a été touché, à 20-21 ans, ce n'est pas évident. Il fait semblant, dit le contraire, mais ça s'est vu, il a eu une manière de réagir différente. J'ai eu le sentiment qu'il était touché vraiment. On peut être préparé à tout, mais quand ça arrive, c'est n'est jamais pareil.

Quel est votre part de responsabilité pour les sifflets adressés généralement à l'équipe ?
C'est la part de responsabilité d'un sélectionneur sur un match où il n'y pas eu le résultat escompté, car on n'a pas gagné trois-zéro. C'est de l'amour déçu, je le comprends, je le conçois, c'est tout à fait humain.

Les joueurs seront plus motivés contre la Turquie après ça ?
Les joueurs ont toujours envie de réagir, d'être bons, performants. Le défaut qu'ils ont eu contre le Nigeria, c'est de se désunir par envie de bien faire. Ils étaient un peu +cuits+ et on ne peut pas jouer de la même manière dans cet état. J'espère qu'ils ont retenu la leçon. Si on fait deux fois les mêmes erreurs de suite, c'est un souci.

Qu'est-ce qui peut réconcilier le public avec l'équipe ?
Gagner les matches.

Seulement ça ?
On a fait une opération, mercredi, en ouvrant l'entraînement à des enfants, et avant le match à Saint-Etienne il y a eu une démonstration de l'équipe de France des non-voyants: c'est une ouverture permanente, mais ce n'est ni plus ni moins que ce qu'on fait depuis des années. Mais ce qui compte, c'est la victoire.

Quel impact a eu la défaite contre le Nigeria pendant le stage ?
C'est dommage de se dire qu'on vit bien ensemble et qu'il y a la défaite. On a avancé dans une démarche sur le mode de fonctionnement et cette ouverture doit être concrétisée par quelque chose.

Avez-vous parlé des Féroé, prochain adversaire en éliminatoires, aux joueurs?
Je parle du mois d'août depuis le début du stage. Certains joueurs ne savaient pas quand c'était (rires). Il faut dire que la date a bougé, on est passé du 19 au 12 août. Mais je martèle surtout que, les Féroé, c'est trois points.

Que pensez-vous des entraîneurs limogés malgré des bons résultats par leurs clubs ?
Je suis sélectionneur de joueurs, pas des entraîneurs...