Trois jours après les quolibets essuyés au stade Geoffroy-Guichard, les actuels ou anciens Lyonnais de l'équipe de France se sont offerts une belle revanche à Gerland contre la Turquie (1-0), à l'image de Benzema, buteur, d'un Malouda saignant pour son retour en bleu, et de Toulalan, omniprésent au milieu.

Le sélectionneur Raymond Domenech a eu pour une fois une riche idée en alignant un onze de départ qui a dû rappeler de très bons souvenirs aux supporteurs de l'OL.

Avec six joueurs titulaires portant ou ayant porté dans le passé le maillot de l'OL, le sélectionneur a vu juste et titillé l'orgueil blessé d'un groupe conspué mardi à Saint-Etienne face au Nigeria (défaite 1-0).

Le plus attendu était bien évidemment Malouda, qui n'avait plus porté le maillot bleu depuis octobre 2008 et l'amical remporté contre la Tunisie (3-1). Le milieu gauche de Chelsea, revenu en grâce chez les Blues depuis le départ de Luiz Felipe Scolari en début d'année, jouait gros, lui qui avait osé critiquer Raymond Domenech juste après l'Euro-2008 et l'avait payé par une longue période de bannissement.

Dès le début de la partie, Malouda a montré toute sa rage avec d'entrée de jeu un déboulé dans la surface turque suivi d'un tir non cadré (2e). Le festival s'est poursuivi avec des appels incessants et des combinaisons avec Benzema, positionné seul en attaque.

Toulalan impressionnant
Sa passe en profondeur à destination de l'attaquant de l'OL, une merveille, aurait ainsi pu tuer le match dès la 12e minute. Et que dire de ce déboulé dans l'axe suivi d'un service en or gâché par Anelka (48e).

De quoi donner des maux de tête à Domenech, avec qui le joueur a échangé une poignée de mains cordiale à sa sortie (58e) et qui doit désormais gérer une forte concurrence sur un côté gauche qu'Henry, Ribéry et Benzema peuvent également occuper.

Ce dernier, principale cible des supporteurs des Verts, mardi, s'est lui aussi vengé. Même si son 6e but en 23 sélections, un penalty transformé en première période (39e), ne restera sans doute pas dans les annales, il aura au moins permis aux Bleus de se racheter et de repartir avec une victoire de Lyon après le camouflet subi face aux Nigérians.

Mais le plus impressionnant et le plus précieux des joueurs français sur la pelouse aura été Jérémy Toulalan. Le milieu lyonnais a été le véritable métronome des Bleus, ratissant un nombre incalculable de ballons. Sa précision sur les transversales et sa vision du jeu ont fait merveille, à des années-lumière de sa pâle prestation stéphanoise.

Son association avec Lassana Diarra dans l'entrejeu n'a jamais aussi bien fonctionné alors que l'équipe de France cherche un duo crédible pour faire définitivement oublier le duo Makelele-Vieira.

Et pour que la fête lyonnaise soit complète, c'est Lloris, préféré à Mandanda dans les buts, qui s'est mué en héros en repoussant des pieds un ballon de Mexès qui se dirigeait dans ses propres filets (75e). Histoire d'effacer pour de bon la soirée maudite de Saint-Etienne.