De Franck Ribéry, qui a maintenu en vie l'équipe de France dans les éliminatoires du Mondial-2010 en étant décisif en Roumanie puis contre la Lituanie, aux sifflets de Saint-Etienne: retour sur les tops et les flops des Bleus en cette saison post-Euro.

LES TOPS

Ribéry, le sauveur
Zidane ne s'était pas trompé en l'adoubant pendant le Mondial-2006: Ribéry fut le sauveur cette saison. Alors que la France est menée 2 à 0 en Roumanie en octobre, dans une ambiance plombée par la question de l'avenir de Raymond Domenech, +Francky+ sonne la révolte et réduit le score, avant d'être passeur décisif sur le but de l'égalisation française (2-2). Le joueur du Bayern marquera ensuite deux fois le but de la victoire (1-0 à chaque fois) face à la Lituanie, le 28 mars et le 1er avril, alors que la pression se faisait lourde sur les Bleus. Si la France peut encore rêver d'aller en Afrique du Sud l'an prochain, c'est grâce à lui.

Gourcuff, l'éclair
Le jeune meneur de jeu aux roulettes zidanesques avait fait la passe décisive à Ribéry en Roumanie. Ce dernier lui a rendu ensuite la politesse et le joueur de Bordeaux a égalisé, évitant une nuit de cauchemar à Constanta. A Saint-Etienne, il fut le seul à être épargné par les sifflets du public, avec Ribéry. Il doit maintenant digérer une copieuse saison pendant laquelle il s'est rendu indispensable à Bordeaux et en Bleu.

Gignac, la promesse
Sa vie en Bleu vient tout juste de commencer. Mais de la bonne façon. Le meilleur buteur de L1 cette saison (24 buts) s'est ainsi fait passeur décisif pour Ribéry à l'occasion de sa première sélection le 1er avril contre la Lituanie au Stade de France. Comme Ribéry, son regard s'éclaire dès que les mots "équipe de France" sont prononcés. A suivre.

LES FLOPS

Domenech tel qu'en lui-même
Maintenu à son poste malgré un Euro-2008 catastrophique (élimination au 1er tour) et un début d'éliminatoires du Mondial-2010 calamiteux, le sélectionneur avait reçu pour consigne de modifier sa communication et de rendre le jeu de l'équipe de France plus attractif. S'il a quelque peu édulcoré son discours, Domenech n'a en rien modifié le visage des Bleus, toujours engoncés dans un jeu prévisible et sans flamme. Ses choix de joueurs parfois hasardeux (Savidan contre l'Uruguay, Luyindula contre la Lituanie) ont dérouté même si la promotion de Gourcuff est à mettre à son crédit. Un an après l'Euro, les Bleus et leur sélectionneur, dont l'impopularité atteint des sommets, donnent la fâcheuse impression de ne pas avoir avancé d'un iota dans leur entreprise de reconstruction.

Une défense toujours en panne
Ce secteur, à l'origine du fiasco de l'Euro, reste un an après en chantier. Domenech, il est vrai guère aidé par les blessures et les défections de dernière minute, n'a toujours pas réussi à dégager une hiérarchie claire et seul Gallas, dans l'axe, semble indiscutable. Dans les buts, Mandanda, intronisé N.1 à 24 ans, est loin de son niveau marseillais et les deux milieux défensifs Toulalan-Lassana Diarra sont à des années-lumière du duo du Mondial-2006 Vieira-Makelele. Résultat: 12 buts encaissés lors des 11 matches disputés depuis le championnat d'Europe.

Une fracture béante avec le public
Les "Domenech démission" sont devenus la rengaine à la mode à chaque apparition des Bleus sur le sol français. L'impopularité du sélectionneur commence à rejaillir sur les performances des joueurs, paralysés par les sifflets et qui ont la désagréable sensation d'évoluer à l'extérieur dans leur propre pays. Ce désamour a atteint son paroxysme mardi à Saint-Etienne, le public conspuant les Bleus et prenant fait et cause pour l'adversaire nigérian en fin de match. De plus en plus repliée sur elle-même malgré quelques timides tentatives d'ouverture, l'équipe de France est en train de se couper de sa base.