En arrivant en Afrique du Sud, Charlie Davies espérait simplement gagner de l'expérience, accumuler un peu de temps de jeu en entrant en cours de match et ajouter quelques sélections supplémentaires à son CV. En fin de compte, le jeune homme a eu droit à une formation accélérée au football de très haut niveau. Davies s'est tiré avec les honneurs de ce baptême du feu, contribuant largement à l'excellent parcours de son équipe. Sous son impulsion, les Etats-Unis ont en effet disputé la première finale mondiale de leur histoire.
Tout avait pourtant mal commencé pour les Star and Stripes : une défaite face à l'Italie et une correction infligée par le Brésil. Confronté à une situation quasi-désespérée, Bob Bradley a dû se montrer créatif. Contraint de remporter une large victoire face à l'Egypte à Rustenburg pour espérer continuer l'aventure, le sélectionneur américain s'est naturellement tourné vers Davies. Le jeune attaquant, qui évolue en Suède, n'a pas laissé passer l'occasion de faire la démonstration de ses qualités : vitesse de pointe, combativité et sens du but. "Il est très énergique", relevait Bradley au micro de FIFA.com. "Il lutte sur tous les ballons."
Initié au football par un père gambien, Davies s'est rapidement révélé être un joueur d'instinct. Toutefois, en dépit d'un indéniable talent, il ne parvient pas à percer au sein des sélections de jeunes. Après trois saisons avec l'équipe universitaire de Boston, il part tenter sa chance en Europe. Recalé par l'Ajax Amsterdam, le jeune Américain atterrit en Suède, à Hammarby. Ses débuts chez les professionnels ne sont pas particulièrement époustouflants, mais le futur international finit par s'adapter aux exigences du haut niveau. Il reste sur 21 buts inscrits en deux saisons.
Une victoire historique
Puissant et très habile lorsqu'il s'agit d'utiliser son centre de gravité plus bas que la moyenne, Davies a rapidement semé la panique dans la défense égyptienne pour sa première apparition en Afrique du Sud. Auteur du premier but américain sur une action confuse, il ressort indemne d'un accrochage avec Essam El Hadary. Le gardien égyptien n'aura pas tant de chance et devra se faire poser cinq points de suture à la tête. Les Etats-Unis s'imposent 3:0, un résultat qui, associé à la défaite 0:3 de l'Italie devant le Brésil, leur permet d'accéder aux demi-finales du tournoi. Leur prochain adversaire n'est autre que l'Espagne, invaincue depuis 2006 et leader du Classement mondial FIFA/Coca-Cola.
Bradley décide de maintenir sa confiance à Davies. Le jeune homme remercie son entraîneur en faisant preuve de la même énergie et de la même passion que lors de sa première titularisation. Après cinq minutes de jeu, l'attaquant international s'illustre sur un magnifique retourné acrobatique qui frôle le cadre d'Iker Casillas. S'il ne marque pas, le buteur américain maintient la pression sur la défense espagnole tout au long de la rencontre. Grâce à son travail de sape, la sélection américaine remporte ce jour-là sa plus belle victoire depuis son triomphe face à l'Angleterre à Belo Horizonte, en 1950.
Davies, qui n'avait joué que 13 minutes lors du Tournoi Olympique de Football Masculin, Pékin 2008, est de nouveau aligné d'entrée en finale. Ce match revanche face au Brésil lui donne l'occasion de se mettre en évidence en participant à la contre-attaque brillamment conclue par Landon Donovan à la 27ème minute. A la stupeur du public de Johannesburg, les Etats-Unis mènent 2:0 à la pause.
Retenir le positif
La suite, tout le monde la connaît. Le rêve américain s'est brisé en seconde période. Présenté comme l'une des révélations de la compétition, Davies ne veut retenir que le positif. "Nous pouvons être fiers de cette deuxième place", estime le principal intéressé, conscient que le résultat n'est pas passé inaperçu au pays du basket et du baseball. "Nous avons montré au monde et à nos supporters de quoi nous sommes capables."
Davies fait partie des quatre joueurs présents en Afrique du Sud à avoir été retenus pour la Gold Cup de la CONCACAF. Le jeune prodige n'a eu que quatre jours pour préparer le grand rendez-vous régional au retour d'un interminable vol transatlantique. Le décalage horaire ne semble cependant pas être un problème pour notre globe-trotter. Face à la Grenade à Seattle, Davies a une nouvelle fois fait parler la poudre en inscrivant le quatrième et dernier but de son équipe.
Inconnu du grand public il y a un mois, Davies compte désormais trois réalisations en 11 sélections. Le jeune prodige n'a plus qu'une idée en tête : se faire une place au sein du groupe appelé à disputer la Coupe du Monde de la FIFA 2010. Car Davies a de grands projets : "J'ai beaucoup appris pendant la Coupe des Confédérations", confiait-il à la veille d'un match contre le Honduras en Gold Cup. "Tout le monde ici attend 2010 avec impatience. Si nous parvenons à nouveau à exploiter pleinement notre potentiel, nous irons loin !"
