Dimanche, les États-Unis étaient toujours menés d'un but par Haïti à la 90ème minute. Dans ces moments-là, la patrie en danger a besoin d'un héros. Impossible de se tourner vers les soldats Landon Donovan, Clint Dempsey ou Jozy Altidore, tous éloignés du front. Nouvelle pépite de l'attaque américaine, Charlie Davies se montre à la hauteur de ses prestations sud-africaines, mais c'est finalement un joueur méconnu, Stuart Holden, qui va voler au secours des siens.
"C'est le plus beau but de ma carrière", indique le milieu de terrain du Houston Dynamo à FIFA.com après avoir marqué son deuxième but en autant de sélections. "Ç'a été un grand soulagement, suivi d'une euphorie énorme."
À Foxborough, dans la banlieue de Boston, Holden connaissait sa deuxième titularisation dans l'effectif très expérimental retenu pour la Gold Cup de la CONCACAF 2009, un effectif où "turnover" est le maître mot. Venue couronner une performance qui lui a valu le titre d'Homme du match, sa frappe lointaine à la 91ème minute a permis aux Américains d'assurer un nul 2:2 et de conserver seuls la tête de leur groupe. Ce résultat prolonge aussi la série d'invincibilité des Stars and Stripes à domicile, qui a débuté en 2001.
"Nous avons marqué tôt, peut-être trop tôt", analysait Holden, à l'origine de l'ouverture du score à la sixième minute. "Nous avons pris deux buts juste après le repos. Nous avons dû nous battre et maintenir la pression. Quand j'ai eu l'occasion de frapper, j'ai juste essayé de cadrer."
"Montrer ce que nous savons faire"
Né à Aberdeen, en Écosse, Stuart est arrivé au Texas à l'âge de 10 ans. Il reconnaît volontiers qu'après avoir assuré le nul, son sentiment ne s'est pas résumé à une profonde excitation. "Je voulais vraiment qu'on remette la balle dans le rond central parce que j'avais la sensation qu'on pouvait encore en mettre un et gagner le match."
Cet état d'esprit fait d'enthousiasme et d'exubérance constitue le moteur de l'équipe new-look formée par Bob Bradley pour défendre la couronne régionale. Vainqueur du championnat avec le Dynamo en 2006, Holden a récemment été nommé dans le onze titulaire de la sélection MLS qui affrontera Everton dans le cadre du All-Star Game 2009. Il a souvent partagé le vestiaire avec nombre de ses coéquipiers actuels et les a également affrontés dans le cadre de la ligue américaine. "Je connais les gars de la MLS, des U-20 ou de la sélection olympique, explique Holden, auteur d'un but lors du Tournoi Olympique de Pékin l'an dernier. "C'est une grande occasion pour nous d'accumuler du temps du jeu et de montrer à l'entraîneur ce que nous savons faire. Il règne une atmosphère de concurrence."
Bradley ne s'en cache pas, il utilise la compétition régionale biennale pour mettre des éléments rarement utilisés au banc d'essai. On est loin du groupe de stars qui a créé la sensation le mois dernier en Afrique du sud en atteignant la finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA. "Holden peut jouer n'importe où au milieu de terrain", estime le coach à propos de son jeune protégé. "S'il continue à progresser, il a un grand avenir devant lui."
Le football dans le sang
Même si sa passion pour le ballon rond remonte à ses premières années britanniques, Holden insiste sur le fait qu'il a été formé aux États-Unis. "Je venais d'une culture où le soccer, enfin le football, était au centre de tout. J'ai ça dans le sang", avoue Stuart, qui a signé à Sunderland en 2005 après deux saisons universitaires. Il n'a pourtant fait aucune apparition avec le maillot des Black Cats. "Mais j'ai appris à jouer ici et j'ai fait mes classes de footballeur au Texas. J'ai donc une double identité."
Avec ses deux sélections, Holden mesure déjà les attentes qui pèsent sur lui et ses jeunes coéquipiers lorsqu'ils enfilent la tunique nationale. "La Coupe des Confédérations a été quelque chose d'énorme pour ce groupe de joueurs et pour le foot aux États-Unis. Nous, en tant qu'équipe jeune, nous avons la sensation de devoir être à la hauteur avant la reprise des éliminatoires en août."
Toutefois, le joueur de Houston veut fait chaque chose en son temps. Sa prochaine échéance se situe le 18 juillet à Philadelphie, où il devrait être titularisé pour le quart de finale contre le Panama. "Les Panaméens mettent une pression constante sur le plan physique. Il faudra être capables de leur donner la réplique, de rester bien compacts et solides, de ne pas laisser d'espaces. Si nous restons sereins et si nous contrôlons le rythme du match, ça devrait bien se passer."
