Dimanche, le Mexique et les Etats-Unis s'affronteront pour la 57ème fois de leur histoire. La finale de la Gold Cup de la CONCACAF 2009 représente sans aucun doute le cadre idéal pour cette confrontation très attendue, qui oppose depuis plus de soixante-dix ans les deux poids lourds de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. En effet, les deux pays comptent chacun quatre titres continentaux à leur actif, ce qui signifie que l'équipe qui s'imposera à Meadowlands le 26 juillet prendra un avantage historique sur sa rivale.
Sur la lancée de leur éblouissant parcours en Coupe des Confédérations de la FIFA, les Etats-Unis abordent la finale en position de force. En outre, depuis le début du nouveau millénaire, les Stars and Stripes ont remporté dix des quatorze éditions du clasico. Le Mexique conserve l'avantage grâce à ses 30 succès, contre 16 aux Etats-Unis et dix nuls, mais l'époque où El Tri survolait les débats grâce à son jeu technique et rapide semble bel et bien révolue.
L'enjeu prend le pas sur le jeu
Si la balance penche depuis quelques années du côté américain, les chocs entre ces deux rivaux n'en sont pas moins passionnés pour autant. L'intensité et parfois même la férocité avec laquelle les joueurs luttent pour chaque ballon ont fait de cette affiche l'une des plus suivies de la planète football. La dernière édition s'est disputée sous une pluie battante, un soir de février à Columbus (Ohio). Ce jour-là, les Américains l'avaient emporté 2:0 en qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010, mais tout autant que le score, les observateurs retiendront l'exclusion de l'ancien Monégasque Rafa Marquez et l'agression de Frankie Hejduk par le sélectionneur adjoint mexicain.
"C'est le genre de match que tout le monde attend. Nous avons hâte d'y être", confie Stuart Holden. Le milieu de terrain de Houston Dynamo est considéré comme l'une des révélations du tournoi au sein d'une sélection américaine largement remaniée et qui associe de jeunes talents de la MLS et quelques expatriés moins connus. "Quand on affronte un rival, tout est affaire de fierté", poursuit le néo-international. "Nous sommes tous conscients d'avoir réalisé quelque chose d'important depuis le début du tournoi, mais il reste encore un match à disputer. A nous de terminer ce que nous avons commencé en remportant la finale."
Traditionnellement, le cadre exerce une forte influence sur l'issue de ces rencontres. Malgré leur trajectoire ascendante, les Etats-Unis n'ont encore jamais réussi à ramener le moindre point du fameux stade Azteca. A l'inverse, le Mexique ne s'est plus imposé sur le sol américain depuis dix ans. El Tri reste sur une série de onze matches sans victoire débutée en 1999. Les Mexicains ne manqueront certainement pas de soutien dans le New Jersey, mais ces statistiques peu encourageantes ont de quoi faire douter Javier Aguirre et ses hommes.
Home sweet home
Pour ne rien arranger, l'histoire récente de la Gold Cup de la CONCACAF ne plaide pas vraiment en faveur du Mexique. Les Etats-Unis restent sur deux titres consécutifs. Il y a deux ans, les Américains s'étaient imposés en finale à Chicago, face à ces mêmes Mexicains. De son côté, El Tri a remporté deux finales face aux Stars and Stripes, en 1993 et 1998.
"Face aux Etats-Unis, il faudra afficher la même mentalité que celle qui nous a permis de battre le Costa Rica en demi-finale", a prévenu le sélectionneur mexicain, suspendu pour trois matches après avoir frappé un joueur panaméen au premier tour. "Nous ne sommes plus qu'à un match de notre objectif : reprendre le titre. Pour cela, nous devrons évoluer à notre meilleur niveau. Nous devrons être concentrés et saisir les occasions qui se présenteront, car les Etats-Unis ne nous feront pas de cadeaux."
Si les deux sélectionneurs ont souhaité profiter de ce tournoi pour se livrer à quelques expériences, Américains et Mexicains comptent malgré tout dans leurs rangs plusieurs joueurs d'exception. Giovanni dos Santos, le jeune attaquant de Tottenham, Carlos Vela, le buteur Miguel Sabah, Guillermo "Memo" Ochoa ou encore l'expérimenté capitaine Gerardo Torrado sont tous capables de faire la différence sur une action. Côté américain, Holden, le capitaine Brian Ching, Kyle Beckerman et Kenny Cooper, très en réussite depuis le début du tournoi, seront les hommes à suivre.
En outre, Bob Bradley possède un joker. En effet, les dirigeants de la CONCACAF ont accordé une dérogation aux Etats-Unis, en raison de leur récente participation à la Coupe des Confédérations de la FIFA. Le sélectionneur américain a donc la possibilité d'appeler des renforts afin d'étoffer son groupe, qui ne compte plus que 18 joueurs valides.
Comme chacun sait, l'histoire, les statistiques et l'avantage du terrain ne signifient plus grand-chose dès que l'arbitre a donné le coup d'envoi. Une seule certitude demeure : dimanche dans le New Jersey, les spectateurs assisteront à un match sous haute tension entre deux rivaux acharnés.

