Du côté d'Alger, le Stade du 5 juillet espère vibrer ce mercredi en saluant une victoire de sa sélection nationale. En affrontant la Libye en match en amical, les hommes de Jean-Michel Cavalli prépareront le très important rendez-vous du mois de mars face au Cap-Vert. Le Français n'a donc pas hésité à incorporer deux nouveaux joueurs à son groupe : Karim Matmour (Fribourg) et Ameur Bouazza (Watford), tout en s'appuyant sur ses cadres comme le meneur de jeu Karim Ziani.
Elu deux années de suite Ballon d'Or algérien, Ziani est aujourd'hui - avec le futur latéral gauche lyonnais Nadir Belhadj - le fer de lance d'une jeune génération de Renards du désert bien décidée à faire oublier des années de disettes. Depuis la Coupe d'Afrique des Nations remportée en 1990, l'Algérie peine en effet à retrouver son lustre d'antan. Avec quatre points en deux rencontres, la sélection du Français Jean-Michel Cavalli est bien lancée dans la course à la qualification pour la CAN 2008.
La pression est déjà forte sur les épaules de Karim Ziani, 24 ans seulement. Mais à voir l'aisance avec laquelle il a franchi jusque-là les étapes de sa carrière, il y a fort à parier qu'il n'angoisse pas plus que de raison. Le Sochalien confirme sans faire de bruit les espoirs placés en lui il y a un peu plus de cinq ans sous le maillot de Troyes. A l'époque, son entraîneur n'est autre qu'Alain Perrin, le technicien actuel du club doubiste. Conscient de posséder une véritable pépite d'or, il le préserve et lui offre le plus souvent quelques fins de match (huit). Après une seconde saison en Ligue 1 plus complète, Ziani et l'ESTAC descendent à l'échelon inférieur. Et c'est donc en Ligue 2 que l'international algérien (23 sélections - un but) va faire ses classes et poursuivre sa progression.
22 matches et déjà sept buts
En 2004, il découvre la Bretagne, Lorient et un entraîneur très porté vers l'offensive, Christian Gourcuff. Il le positionne sur la droite du milieu de terrain et tire le maximum de son potentiel. "Quand il nous a rejoints, je savais que c'était le joueur qui pouvait nous sauver, confirme le coach breton. Cela s'est vérifié. Quand je l'ai replacé sur le côté droit, il a été éblouissant." Mais à l'été 2006, même si les Merlus accèdent à la Ligue 1, Ziani préfère se lancer un nouveau défi.
Ce sera Sochaux. Le club doubiste sort d'une saison 2005 / 2006 aussi éprouvante nerveusement que physiquement. Sous la houlette de Dominique Bijotat, les Sochaliens ont s navigué dans les eaux troubles tout l'exercice durant, terminant 15èmesà quelques encablures de la Ligue 2. Durant l'été, le Président Jean-Claude Plessis change tout, recrute Alain Perrin et renouvelle largement l'effectif. A l'instar de leur nouveau coach, la plupart des joueurs engagés ont beaucoup à prouver. Résultat, les Sochaliens sont en position de se qualifier pour la Ligue des champions de l'UEFA.
Auréolé du titre de meilleur joueur de Ligue 2, Ziani attisait toutes les convoitises. Mais il a fait le choix du cœur : "Je suis venu ici car le projet sportif me plaisait énormément. Je compte désormais passer un pallier et me faire plaisir. Il y a ici une culture du beau jeu." Et sur ce dernier point, Ziani sait de quoi il parle.
Meneur de jeu de poche (1m69 - 66 kg), le Numéro 8 doubiste impressionne par sa conduite de balle et sa technique. Doté d'une pointe de vitesse impressionnante, il est notamment très utile en contre-attaques. Mieux, il se retrouve très souvent aux avant-postes pour soutenir ses attaquants. Après 22 matches de championnat, il affiche déjà sept réalisations.
Des statistiques qui font de Karim Ziani l'un des meilleurs joueurs de la Ligue 1, le meilleur buteur de son club et de Sochaux le cinquième de ce même championnat. Il lui reste maintenant à afficher la même confiance avec les Fennecs algériens.